Soins palliatifs et accompagnement en maternité
23 Mai 2012 à 18:50:10 *
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles: Pour revenir sur le site de l'association SPAMA, http://www.spama.asso.fr
Si ceci est votre PREMIERE VISITE, nous vous invitons à lire notre message de BIENVENUE.
"MAIN dans la MAIN", c'est la belle devise de notre forum !
 
   Accueil   Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous  
Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: "Pas de mot" de Lynda Lemay  (Lu 168 fois)
Andirano
Full Member
***
Messages: 148


« le: 14 Novembre 2011 à 12:11:03 »

Quand on perd ses parents, on s’appelle orphelin
Quand on perd son épouse, alors on s’appelle veuf
Quand on perd sa jeunesse, bien entendu, c’est vieux que l’on devient
Mais quand on perd son gamin, y a pas de mot

Il n’y a pas de nom pour décrire le père
Celui qui borde son garçon au cimetière
Jamais un seul poète, un seul pasteur, jamais un seul auteur
N’a eu assez de lettres pour tant de douleur

Quand on perd la raison, bien sûr on s’appelle fou
Et puis on s’appelle pauvre à perdre trop de sous
Quand on perd la mémoire, tout de suite on est qualifié d’amnésique
Mais y a des choses qu’aucun mot n’explique

On aura beau fouiller les plus vieux dictionnaires
Posséder le plus vaste des vocabulaires
Décortiquer Baudelaire, jusque sous terre,
Jusqu’à son dernier vers

Il n’y a pas de mot, pas de manière
D’appeler le parent d’un enfant qui n’est plus
Il n’y a pas de mot pour ça qui soit connu

Quand on perd ses parents, on s’appelle orphelin
Quand on perd son mari, alors on s’appelle veuve
Quand on perd son petit, c’est évident, il n’y a pas de mot

Pourtant y en a des mots qui nous émeuvent
Mais là, y en a aucun, y a vraiment rien à dire
On ne sait même plus trop si on a l’droit de vivre
Mais bon on vit quand même, on vit tout simplement pour n’pas crever
On rit pour n’pas pleurer des flots sans rive

Oui, on vit parce que lui, il n’pourra plus le faire
On vit parce qu’on s’dit que sans doute, il en serait fier

Quand on sauve un enfant, on s’appelle héros
Mais quand on en perd un, y a pas de mot
Pas de mot
Journalisée

Maman de Raphaël (2009) et Noé (né et décédé le 14 octobre 2011)
gin69
Hero Member
*****
Messages: 991



« Répondre #1 le: 14 Novembre 2011 à 20:25:21 »

Merci Andirano,
Je ne connaissais pas cette chanson de Lynda Lemay....elle est magnifique et dit si bien cette impossibilité de mettre des mots sur la mort d'un enfant, sur ces parents qui ont tant de mal à être reconnu dans leur chagrin...
J'imagine qu'elle te parle beaucoup en ce moment où tu aurais tant besoin d'un mot, d'un geste qui te parle de ton histoire d'amour avec ton fils...
J'espère vraiment que petit à petit nous arriverons à sortir de ce tabou et que la vie si courte de nos bébés puissent enfin se parler et se dire...ailleurs que sur SPAMA...
Virginie
Journalisée

Virginie - Maman de Raphaël (2002) ,Nathan (2004) , Quentin né le 18/02/2010 , et Baptiste notre petit prince né et reparti sur son étoile le 18/02/2010 (Association VACTERL et sirénomélie décelée à 12 SA).
HélèneTh
Hero Member
*****
Messages: 1048



« Répondre #2 le: 14 Novembre 2011 à 22:08:00 »

MERCI Andirano pour cet texte!!!
Il n'y a pas de mot et pourtant on a tant besoin de parler de notre enfant si cher à notre coeur. S'il n'y a pas mot, qu'on nous offre une oreille attentionnée?
Merci encore.
De tout coeur avec toi

Hélène
Journalisée

Hélène, maman de Zachary (1993), Korentin (1998) et Titouan notre lumière (né sans vie le 26 août 2008, trisomie 18)
Andirano
Full Member
***
Messages: 148


« Répondre #3 le: 15 Novembre 2011 à 12:17:59 »

Oui, du coup je "balance" les textes comme ça, sans mettre un petit commentaire moi-même!
Cette chanson est toute récente. Elle est sortie le 5 septembre cette année. Dès que je l'ai découverte (j'étais encore enceinte, en connaissant le pronostic de Noé), je me suis dit qu'elle l'avait écrite pour moi, c'est pas possible!
C'est tellement vrai ce qu'elle dit.

Je suis particulièrement touchée par les paroles:
"Il n’y a pas de nom pour décrire le père
Celui qui borde son garçon au cimetière"
Déjà parce que nous, c'est un petit garçon, et puis aussi parce que c'est vraiment la sensation qu'on a. Lorsqu'on va le voir au cimetière, qu'on s'occupe des fleurs de sa tombe (jeter les fleurs fanées, redisposer les pots, arroser les fleurs, en rapporter des nouvelles, etc), ça nous donne vraiment l'impression de nous occuper de lui. Comme on s'occuperait d'en enfant vivant en changeant les couches, décorant sa chambre, le nourrissant, l'installant confortablement dans son petit lit...

Et également:
"Oui, on vit parce que lui, il n’pourra plus le faire
On vit parce qu’on s’dit que sans doute, il en serait fier"
Ces paroles résonnent en moi et me paraissent pleines de sagesse et de vérité. Oui, il n'a plus la chance de vivre. Alors ne devrait-on pas vivre doublement en vivant pour lui aussi? En se disant qu'il veille sur nous, et qu'on lui doit bien ça?

Mais le fond du problème est bien là: il n'y a pas de mot pour nous décrire, pour décrire notre "statut" dans la société, pour décrire ce que l'on vit... J'aime beaucoup ta conclusion, Hélène: s'il n'y a pas de mot, alors qu'il y ait au moins l'écoute!
Journalisée

Maman de Raphaël (2009) et Noé (né et décédé le 14 octobre 2011)
isabelle
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 4216


« Répondre #4 le: 23 Novembre 2011 à 09:05:43 »

Moi non plus, Andirano, je ne connaissais pas cette chanson de Linda Lemay....

c'est fou comme ses mots sont justes....
et les tiens en écho à cette chanson le sont tout autant....

Oui, comme toi, j'ai eu besoin de m'occuper de la petite tombe d'Emmanuel pendant un certain temps....
Joelle, une autre maman du forum, vient de dire la même chose dans son dernier message....

Oui, s'il y a pas de mot, qu'il y ait de l'écoute....Hélène, tes mots sont forts....

j'aurai juste envie d'ajouter que cette écoute soit aussi celle que nous pourrions nous faire à nous-même....en écoutant nos besoins, en les respectant...sans chercher à se conformer au monde et à ses beaux parleurs qui nous disent comment vivre après le décès de nos bébés...

Ecoute ton coeur, Andirano, et poursuis ta vie de maman endeuillée comme tu le souhaites, avec toute l'énergie que tu y mets aujourd'hui....et tu peux être super fière de toi....
je t'embrasse très fort
Isabelle

Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
Bénédicte
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 3307


« Répondre #5 le: 29 Novembre 2011 à 21:29:05 »

C'est un très beau texte et je comprends que tu te reconnaisses tant dans ces phrases!
Elle me parlent aussi et je crois que beaucoup d'entre nous pourraient le dire...
Merci de nous l'avoir partagé
Je t'embrasse,
 Bénédicte
Journalisée

Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril  et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
Jessica
Sr. Member
****
Messages: 481



« Répondre #6 le: 30 Novembre 2011 à 20:30:17 »

bonjour à toutes,
je découvre cette chanson, et j'en suis vraiment très émue. Que ces paroles sonnent juste...
Magnifique, merci sincèrement de l'avoir partagée avec nous.

Jessica
Journalisée

Maman d'une petite Gabi, petite étoile passée dans nos vies le 8 février 2009, et d'un bébé espoir Tiago (16 septembre 2010)
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.15 | SMF © 2006-2009, Simple Machines XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !