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Lucy
Invité
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« le: 16 Avril 2007 à 14:27:13 » |
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Bonjour,
Voilà deux semaines déjà que mon petit Lucas est né. Le 2 avril dernier. Voici son histoire, sa vie.
Après plusieurs fausses alertes depuis le mercredi précédant nous sommes allé à la maternité pendant la nuit de dimanche à lundi tout en pensant que c’était encore un faux travail. Quand la sage-femme nous a dit que j’étais à cinq centimètres j’ai quand même demandé si cela voulait dire que j’étais bien en travail. Je n’ai pas voulu le croire avant. Et puis j’ai pleuré. J’avais peur. Je ne voulais pas perdre mon fils. Et en même temps j’étais soulagé que la fin de cette attente interminable, insupportable, arrivait enfin et que j’allais enfin rencontrer mon fils.
Puis elle nous a dit que le cordon était devant sa tête. Ce qui voulait dire qu’il y avait plus de risques qu’il meure pendant l’accouchement. Etrangement, à ce moment et malgré toutes mes doutes pendant la grossesse (j’étais convaincue qu’il allait mourir in utero), j’étais assez confiante que nous allions pouvoir rencontrer notre fils vivant. Peut-être le seul moyen pour moi d’affronter l’accouchement était de croire réellement que je n’avais pas attendu tous ces mois pour « rien ».
Tout est passé très vite ensuite. Après l’accouchement très long et difficile de ma fille je n’avais aucune idée de l’approche de sa naissance. Je me commençais tout juste de me demander si je ne voulais pas après tout une péridurale quand j’ai réalisé que c’était trop tard.
Et à 3h20 Lucas est né. Tout petit. Et vivant ! J’espère que je n’oublierais jamais son petit visage, sa chaleur contre ma peau. Mais avant tout sa sérénité. Sa force.
Il a poussé deux ou trois petits cris très courts et très faibles. Il était magnifique malgré son petit nez un peu écrasé et ses membres un peu déformés du à l’absence de liquide. Il a vécu 45 minutes. Nous avions eu l’impression que cela ne durait que quinze. Il a passé tout ce temps dans nos bras. Sans besoin d’intervention médicale. Il nous a regardé. Et puis il est mort tout doucement comme s’il s’endormait. Dans les bras de son père. Tellement doucement que nous sommes peut-être pas rendu compte tout de suite. Tellement doucement que je doutais un peu qu’il était vraiment mort.
Après il avait l’air de dormir et j’attendais presque qu’il se réveille. Il était tout simplement beau. Et surtout paisible.
Je suis sure qu’il n’a pas souffert. Il avait fait quelques mouvements pour respirer mais il ne luttait absolument pas. Comme Sylvie m’a dit, il était tout à fait prêt pour son destin et c’est lui qui nous a porté.
Quel merveilleux cadeau après tout ces mois d’angoisse. Et quelle cruauté de le perdre aussi tôt.
Nous l’avons gardé avec nous plus d’une heure encore. Je pense que je serais restée facilement des heures si la sage-femme n’a pas dit qu’il fallait mieux le mettre dans un endroit froid. Je ne voulais pas qu’ils l’enlèvent….. jamais.
Cependant, je pense sincèrement qu’il était mieux pour lui de mourir vu son état, plutôt que de vivre avec une médicalisation très lourde (plusieurs greffes des reins, difficultés respiratoires et d’alimentation etc) et une intellect normale. Il n’a pas souffert pendant sa vie aussi courte soit elle. Il n’a connu que l’amour de ses parents. Je pense que j’aurais difficilement supporté de le voir souffrir toute sa vie et de savoir qu’il risquait de mourir à n’importe quel moment. Même si en décemebre dernier j'aurais fais tout pour lui sauver - l'idée de le perdre étant inconcevable....
Pendant les jours qui suivaient sa naissance, malgré le vide énorme, malgré la douleur tellement immense que je me sens encore aujourd’hui anesthésiée, j’étais habitée par un sentiment de paix et d’accomplissement. Je pensais tout le temps à sa vie, ses courts moments ou je l’ai serré dans mes bras, quand je lui ai dit tous ce que je voulais lui dire. Quand il nous a regardé.
Mais comme le temps me semblait long à la maternité. Tout l’inverse des minutes qui s’envolaient à toute vitesse pendant sa vie.
Nous avions voulu le revoir avec notre fille peu de temps après sa mort. Mais quel choc. Seulement 5 heures après l’avoir quitté, il ne ressemblait plus à lui, il ne dormait plus. Il était mort. Il était déjà parti. Du coup, nous hésitions à le revoir pour sa mise en bière, pensant qu’il allait être encore plus « abîmé » surtout après l’autopsie. Mais quelque part, j’avais besoin de le revoir. Nous l’avions vu si peu et j’avais besoin de me rendre compte que c’était bien lui qu’on enterré dans ce petit cercueil blanc. Du coup, nous avons demandé qu’il couvre son visage. Mais une fois avec lui, c’était plus fort que nous. Nous devions revoir son visage une dernière fois. Et je suis tellement contente de l’avoir fait. Il était tellement mignon. Mieux qu’à l’hôpital. Il avait retrouvé son visage d’ange paisible. Son nez était même moins écrasé. J’avais à nouveau l’impression qu’il dormait et une voix sans raison quelque part en moi lui plaidait de se réveiller. Nous regrettons tellement de ne pas avoir pris de photo à ce moment là. Mais nous avions pu lui dire au revoir. Lui toucher. Et je lui ai donné un de mes Snoopy et une lettre que je lui ai avait écrit ainsi qu’un peluche de ma sœur. Entouré de sa couverture tricotée par sa grand-mère. C’était un moment particulièrement difficile quand ils ont fermé le cercueil.
Nous l’avons donc inhumé ce samedi suivant sa naissance. Une très belle cérémonie que nous avons finie de préparer à mon retour à la maison. Entouré de nos familles et quelques amis nous avions vraiment eu le sentiment d’avoir tout fait pour notre fils. Et nous ne regrettons absolument pas notre choix. Au contraire.
Mais jusqu’à ce jour là, j’avais l’impression de faire encore des choses pour mon fils. Et maintenant il ne reste plus grande chose à faire… M’occuper de sa tombe, envoyer des faire-part et créer un livre souvenir….. Et essayer de graver son visage, sa vie, dans ma tête pour l’éternité parce que les photos ne reflètent pas Lucas tel que nous l’avions connu.
Et ce vide qui ne disparaît pas. Et ce sentiment de colère et d’injustice que jusqu’à là j’arrivais à ignorer, à raisonner. Et ce besoin d’un enfant, de lui Et toutes ses pensées qui n’arrêtent jamais.
Et j’ai l’impression de ne pas me rendre compte entièrement de ce que j’ai perdu. Je suis, comme j’ai dit, toujours anesthésiée. Je continue de survivre, jour après jour, comme avant sa naissance par nécessité, sans envie. C’est Amélie qui me donnent une raison de me lever le matin. Qui me force à sourire.
Mais qu’est ce que le temps me semble long maintenant. Je ne sais pas si la vie me sourira à nouveau. J’ai terriblement peur de l’avenir. Je me suis rendu compte que quoi que je fasse, je ne peux pas protéger ceux que j’aime. Je me sens tellement impuissante. Tellement coupable. Tellement perdu.
Je ne comprends pas. Je n’accepterai jamais. Mais comment apprendre à vivre avec tout ca ?
J’ai juste envie de mon fils.
Merci de m’avoir lu. D’avoir fait exister Lucas un peu plus.
Lucy
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Journalisée
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chat-alors
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« Répondre #1 le: 16 Avril 2007 à 17:23:22 » |
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Ma douce Lucy, j' attendais tellement ce message sur spama ...
Je ne me suis pas permise d' annoncer la naissance de Lucas, et je scrutais enfin ton post
Je ne sais pas si tu as bien reçu mon dernier mail en réponse à ton annonce de la venue au monde de ton fils, mais je tiens ici aussi à te le re dires, tu peux me mailer, me tél, quand tu en as envie ou besoin, je suis là our t' aider à passer toutes ces étapes, surtout n' hésites pas Et je suis certaines qu' ici aussi tu trouveras énormément de soutien
Tu sais quand ma fille est partie je tél à Françoise, à Isabelle aussi, et je pleurais, puis ce fut au tour de Françoise quand sa douce Adèle nous à quitté ... ceci pour te dire n' es surtout aucune pudeur, on sait par quoi tu passes et va passer et nos épaules et nos bras te sont tous grands ouverts pour venir y verser tes larmes, ton chagrin, ton déséspoir, et au fure et à mesure comme nous, chacune en son temps, tu verras toi aussi à nouveau un avenir, je te le promet
Tu sais quand ma Rosa est partie j' ai choquée énormément de monde car j' étais tellement enjoué et démonstratrive de bonheur quand à sa naissance, à son parcours avec nous, auprès de nous, que même encore aujourd' hui quand je parle d' elle, de sa naissance, de sa vie, je rayonne, je bouillonne de bonheur, je suis folle d' amour et d' extase devant cette petite bonne femme et les gens en face de moi me croit tout simplement folle ... pensez vous elle doit être timbrée cette fille, elle à perdue un bébé ... ben non elle est pas folle, elle à juste été une maman comblée et elle le restera à jamais !
Je suis vraiment heureuse de te lire, de lire l' histoire de Lucas et ainsi de pouvoir partager avec toi sa vie, son destin, sa force, sa détermination, et de lire que lui aussi à su vous guider, et vous offrir le plus beau des cadeau, celui de l' amour infini
Ton récit à tellement fait écho en moi, surtout en fait après le décès, quand il faut nous séparer pour la toute 1° fois ... C' est d' ailleurs un reproche que j' ai fait à mon équipe médicale c' est que tout bêtement ils ne m' avaient pas préparer à ce moment là, celui ou nos chemin au bout de 9 mois de fusion allait devoir se séparer ... Pour moi cela à été la 1° grosse douleur violente
Et puis le lendemain effectivement nous aussi nous avons voulu allez la voir au funérarium mais ils ne l' avaient pas encore préparer et celà à été un choc car ils ne nous avaient pas non plus avertit Là elle était comme tu dis : décédée
Puis le sur lendemain elle avait été préparé et se ressemblait vraiment et celà à été un soulagement et un réconfort
Quand tu décris que tu lui demandais, lui suppliais de se réveiller, j' avoue avoir eu moi aussi de brefs instants ainsi tout le long de son séjour au finérarium, comme l' envie que tout s' arrête, que le cauchemard prenne enfin fin, comme la fin d' une très mauvaise plaisanterie ... mais ce n' en était pas une, ce n' était bien que la vérité ...
Personnellement cette petite semaine qui suivait son décès et son enterrement à été comme une semaine en pointillé, en suspend ... tout n' étais pas encore vraiment finit .... tout n' était pas encore si dur que ça ... car elle était encore " là "
Je me rappelle au retour de l' enterrement avec rémi, nous nous sommes arrêtés en haut d' un col ( + de 700 m d' altitudes ) et en face nous avions la plaine et les collines et vallons à pertes de vue ... et bien voilà cette image restera à jamais gravé en moi car c' était tellement ce que je ressentais Après toute cette bataille, toutes ces semaines, tout ce combat, toutes ces montagnes à gravir jour après jour, semaiens après semaines, et bien voilà nous étions face à la plaine immense et de plus il n' y avait plus aucun, mais plus aucun panneaux indicateurs !!!
Je traduisais à l' époque mon mal être comme si nous étions tous dans un quai de gare, et celui-ci était perdu dans le brouillard, et je voyais tout le monde, famille et amis compris, prendre des billets de train, monter dans le train et aller là ou ils savaient devoir aller ... et moi je restais sur mon banc devant les guichets et je ne pouvais absolument pas en bouger, je ne savais absolument pas ou aller, et je désespérais moi aussi un jour, à mon tour, à nouveau de prendre un billet de train et de moi aussi aller vers un avenir, un futur ... aujourd' hui je peux te dire que cela n' a pas été simple, et encore moins facile, que celà ne c'est pas fait en quelques jours, ni mêmes en quelques semaines, mais mois après mois le brouillard c' est désaipaissi et j' ai enfin revu des panneaux indicateurs et j' ai su, j' ai repris envie et besoin de vivre et moi aussi j' ai acheter mon billet de train ... Bon je sais c'est encore très imagé ce que je raconte mais je ne trouve pas de meilleures façons de décrire ce que par quoi je suis passé ...
Il y a eu de grands moments de vide, de vide immense avec ce ventre pas encore dégonflé, ces pertes de jeunes accouchées qui à chaque passage au WC ou à chaque titillement de la poitrine te rammènne au fait que tu viens de devenir maman ... mais il n' y a pas de bébé ... Ces moments là, ces instants là, furent si nombreux, si intense, si violents, si douloureux que bien souvent j' ai frôler la folie Oui, aujourd' hui je peux dire que la frontière de la folie et du normal est infime et que sincèrement au détour de longues et interminables nuits ou le sommeil était chassé par la violence, la souffrance, l' immense douleur, l' incommensurable vide laissé par l' abcsence de ma fille, j' ai vu la frontière, j' ai vu de très près cette infime frontière et j' aurais pu basculer pour pas grands chose, mais Rosa, sa force, son souvenir, sa naissance, sa vie, son doux visage, sa chaleur, et tous mes autres enfants m' ont retenus
Et je peux te dire que non tu n' oublieras jamais le visage, ni la chaleur, ni même le poids du petit corp de ton enfant sur toi, c' est comme gravé, c' est comme marqué au fer rouge, c' est inscrit dans ta chair, c' est fou tout est, 9 mois bientôt après, encore pour moi si réel que cela ne pourrait faire que quelques mns que je leur ai laissé
J' aimerais pouvoir te dire, te rassurer, adoucir ta vie, mais je sais que cela n' est pas possible ... Je ne peux que te proposer, toute mon amitié, tout mon soutien, et te dire si tu as besoin ou envie, je suis là
Je finirais en rajoutant que oui la perte de notre enfant nous met devant le fait que nous ne pouvons pas tout maitriser et la peur de la mort, de perdre un autre être cher est quelque chose qui devient très réaliste, incontrolable ... je me rappelle pour une bétise banale, avoir eu peur pour émanuel, et voir crié : " ah non hein j' ai déjà une fille au cimetière !!! je ne veux pas en perdre un autre !!! " et c' était sortit du fond de mes entrailles !!! Emanuel était resté tout bête et moi encore bien plus ...
Enfin tu dis que tu te sens responsable, coupable .... ce sont des sentiments qui sont normaux car c' est bien nous qui les avons portés et dans notre imaginaire nous sommes donc responsables de ces enfants ... et bien non il faut prendre conscience et accepter le fait que ces bébé là, comme tous les bébés, avaient un destin qui leur était propre et que nous nous n' étions que le nid qu' ils avaient besoin pour le menner à bien
Comme je disais à Françoise avant je croyais pourvoir aider une foetus Mais j' ai pris conscience que je ne suis que comme un arbre ou un nid se cacherais dans ses branches, et les seules choses que je puisses faire c' est de ne pas mettre en danger ce nid, de le protéger mais je ne peux absolument rien faire de plus ....
Et vraiment cette fois pour finir je peux t' affirmer, même si au jour d' aujourd' hui cela te semble impensable, incroyable, qu' un jour le sourrire, le vrai, le rire, le vrai, l' envie de vivre, l' envie de foncer, l' envie tout simplment, tout celà reviendra en son temps, et jamais oh grand jamais en niant ou en mettant de coté Lucas, car au fil du temps, tu vas apprendre à continuer à avancer avec lui, pour lui, grâce à lui
Il y aura de très grandes étapes difficle à passer, le retour de couches, les 3, 6, 9 et 12 mois seront aussi de grands moments de rechutes, de bouleverssement
Mais tu verras au début tu ne fais que remonter la pente, puis tu le redescendras très vite, et tu remontras, et petit à petit tu redescendras moins vite, moins violemment et tu sauras remonter plus vite, plus facilement .. et toujours en mémoire, avec et pour ton fils, et aussi grace à ta fille et ton mari Tu sais c' est ce qu' Isabelle nomme les montagnes russes
Je t'embrasse très très fort et j' ai une douce et tendre pensée pour ton ange
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Journalisée
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Sylvie, maman de 8 petits " chatons " d' amour, qui chaque jour ensoleillent notre vie, âgé(e)s de 14 ans à qqls mois, 4 filles et 4 garçons, et mamange d' une merveilleuse petite princesse, née à terme, si belle et douce, puis repartit bien trop vite jouer avec les anges, fin juillet 2006
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isabelle
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« Répondre #2 le: 16 Avril 2007 à 18:57:39 » |
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Bonjour Lucy,
j'attendais de tes nouvelles depuis plusieurs jours et pensais à toi très souvent... que d'émotion à te lire...et que de chagrin à porter avec toi...
je me revoyais alors en train d'accompagner mon petit Emmanuel il y a 5 ans déjà et cela reste là dans mon coeur comme si c'était hier...
Comme toi, c'est dans une paix incroyable que j'ai pu entendre les trois petits cris de mon fils, dans un sentiment d'accomplissement très fort...
Ton petit Lucas a traversé la vie, comme Emmanuel...ils se sont donnés le mot de là-haut...!!! Ils se sont endormis de la même façon, dans une douceur immense...ils sont si beaux...et nos coeurs sont débordants d'amour pour eux...
Mais après, c'est vrai, il y a une grande violence à vivre cette séparation... et je crois qu'on ne peut jamais être prêt à la vivre...même si on nous en parle, même si on le sait depuis le début... il y a une telle rupture dans notre vie...tout est si brutal puisqu'en quelques heures, on passe de l'état de maman enceinte d'un bébé, à l'absence de bébé dans le corps, dans les bras et notre coeur ne peut que hurler sa douleur.... TU peux venir ici dire ta souffrance extrème, nous la comprenons de l'intérieur pour y être passées aussi ...
N'aie pas peur...laisse sortir cette violence, ces larmes si douloureuses...
Mais n'oublie jamais que ton petit Lucas a compris tout l'amour que tu lui portais, il le savait et veut te dire MERCI pour tout ce que tu lui as donné... Appuie toi aussi sur la certitude d'avoir TOUT fait pour ton fils...
Et peu à peu, avec le temps, tout doucement, ta douleur s'apaisera...nous pouvons t'assurer que derrière cette terrible montagne à gravir, il y a pour toi un horizon de paix et de sérénité... et nous sommes là pour te tenir la main dans cette ascension...nous ne te lacherons pas...tu peux en être sûre De TOUT COEUR avec toi Isabelle
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« Dernière édition: 16 Avril 2007 à 19:10:43 par isabelle »
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Journalisée
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
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asd
Newbie

Messages: 13
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« Répondre #3 le: 17 Avril 2007 à 16:13:15 » |
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Bonjour Lucy,
J´admire ton courage et ta lucidité face à cette dure évidence.... Tu décris trés bien cet appaisement au moment de la mort et aprés et cette sorte de soulagement curieux qui surgit aprés des mois d'angoisse pendant la grossesse. Eugénie s'est endormie le 24 janvier aprés deux longs mois en soins intensifs (elle avait une trés grave malformation cardiaque et malgré 2 opérations à coeur ouvert, elle n'a pas pu être sauvée). Je me suis sentie épuisée aprés sa mort et curieusement incapable de comprendre ce qui se passait. Pourtant, on a été préparés... Comme toi, j´étais anesthésiée de l'intérieur...
Ce qui m´a aider à réaliser ce sont tous les courriers de remerciement que nous avons envoyé à tous ceux qui ont pensé à nous. ...et puis, d'aller au cimetiére... je me raisonne mais je pourrais y aller tous les jours.... Et puis, ne pas oublier notre petit ange. En parler, même si les autres n´osent plus... Regarder des milliers de fois les photos pour se rappeler les doux moments que nous avons passé avec notre ange.... Comme retrouver le goût à la vie ? C'est trés trés dur pour moi, même aprés quelques mois, je ressens toujours cet "écoeurement"... pourquoi elle? Pourquoi, pourquoi, pourquoi??? Je suis souvent en colére ou profondément triste. Quelquechose s'est éteint en moi et j´ai l´impression d'avoir viellit de 10 ans en quelques mois. Nous essayons de refaire des projets (de vacances etc..). Même si ils parraissent dérisoires, avoir des objectifs m'aide à me lever le matin! Je te souhaite tout le courage du monde pour les prochains mois. Le printemps arrive, la vie reprend le dessus! Amicalement, Anne-Sophie
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Journalisée
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Anne-Sophie, maman de Eugénie née le 24/11/06 et décédée le 24/01/07 (grave malformation cardiaque: VSD, PDA, dyspasie de la valve pulmonaire)
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francoise
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« Répondre #4 le: 18 Avril 2007 à 21:36:27 » |
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chère Lucy
Je suis très très émue, j'ai vibré à chacune de tes phrases, tous ces moments et toutes ses émotions avec ton petit Lucas. Je suis profondément heureuse que tu aies pu vivre cette merveilleuse rencontre tant attendue, que tu aies pu croiser son regard, entendre sa voix, sentir son souffle et sa chaleur. Tu lui as donné la vie, grâce à votre amour il est venu au monde, vous lui avez fait le plus beau des cadeaux. Tout cet amour que vous lui avez donné et que tu as pu mettre dans cet échange de regard, tu peux t’y accrocher, car c’est lui qui te portera désormais. Ton petit Lucas a vécu sa vie, toute sa vie, grâce à toi. Nous n’avons pas la maîtrise du destin d’autrui malheureusement, mais grâce à toi cette jolie page d’amour a pu s’écrire.
Je comprends très bien quand tu parles d’anesthésie, j’ai employé le même mot car j’ai mis plus d’un mois à réaliser que tout était fini, que c’était du passé, que je ne l’attendais plus. Pendant ce mois, j’étais encore complètement habitée par elle, elle faisait encore partie de moi, un peu comme si elle était revenue en moi après avoir fait une petite sortie pour nous rencontrer. Et puis j’étais portée par la joie immense d’avoir eu une aussi jolie fille comme le dis Sylvie, on a beau avoir perdu notre bébé, on est avant tout des parents heureux et fier de leur petit. Chaque chose en son temps, toutes ces étapes sont normales et nécessaires. C’est le temps et le rythme du deuil, qui est une autre temps et autre rythme que celui de la vie « active ». C’est un temps au ralenti, où l’agitation autour nous donne le tournis. Il faut se laisser aller et accepter ce nouveau rythme, l’apprivoiser, apprendre à vivre dedans. Le faire comprendre aussi à l’entourage qui ne comprend pas toujours, lui qui est resté dans le temps de la vie « active ». Sylvie elle parle de quai de gare et de train, je crois que nous voulons dire la même chose.
Chère Lucy, bien sûr nous sommes là pour toi sur ce chemin de l’après, de tout cœur. Bien à toi et à ton petit lucas.
Françoise
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Journalisée
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Maman de Quentin (né en 2004), Adèle petite étoile que nous avons accompagnée jusqu'au matin de son 10ème jour (hypoplasie cardiaque découverte à 22SA, née le 29/8/2006 et décédée le 7/9/2006), Thomas (né en 2007) et Baptiste (né en 2012).
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Lucy
Invité
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« Répondre #5 le: 19 Avril 2007 à 09:04:40 » |
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Bonjour à toutes,
Et merci de tous vos messages quant à mon petit Lucas. Avant et après sa naissance - certains que j'ai découvert après son décès. Cela me touche beaucoup de sentir comprise. Même si j’ai toujours du mal à me pardonner certaines réactions, c’est rassurant de me rendre compte que d’autres ont pu sentir des choses similaires. Je réponds ainsi à toutes, pour faire plus simple.
Un petit mot en particulier pour Anne-Sophie.
J’étais très émue en lisant l’histoire d’Eugénie. Que cela doit être dur. Tant qu’il y a de l’espoir on peut s’accrocher à quelque chose, à la vie. Croire que le cauchemar ne sera un jour plus qu’un mauvais souvenir. Et puis quand tout espoir s’évapore il ne reste rien. Brusquement la vie change pour toujours.
Moi j’ai eu presque 4 mois à me préparer sans cet espoir. Toi ton espoir a été cruellement et brutalement retiré alors qu’Eugénie était déjà là, même si tu as su qu’il y avait un risque pour elle. Et avec tous ces machines en plus. Cela a du être particulièrement dur. Je ne trouve pas les mots. Je suis désolée.
Je voulais aussi dire un mot à Delphine. J’ai bien lu ton message et l’histoire de Marie, mais après le départ de Lucas. Je te remercie. Je trouve que nos deux histoires se ressemblent. Lucas est venu également avec 4 semaines d’avance alors que moi aussi j’étais à bout comme tu as dis. Et maintenant je me sens calme, en paix mais avec cette terrible vide et cette toile de tristesse au fond.
Voilà, je me sens coupable de ne pas être encore plus en détresse. De ne pas pleurer tout le temps. Finalement les 4 mois d’attente m’ont aidé à me préparer plus que je pensais, mais du coup j’ai l’impression de ne pas assez souffrir et cela me renvoie une mauvaise image de moi en tant que mère. Pourtant je ne pense qu’à lui. Tellement que lundi soir j’ai eu une montée de lait, 15 jours après son décès et malgré la prise de médicaments. Comme si quelque part je refuse toujours sa mort….
Et je suis distraite. Je n’arrive pas à me concentrer sur ce que dit les gens. Je m’en fous d’à peu près tout, sauf ma petite Amélie. Mais je manque de patience avec elle et je m’en veux. Je ressens même de l’appréhension quand je dois la garder toute seule. Moi, qui comptait les minutes « perdu » avec elle quand je travaillais et qui ne pensait que à prend un congé parental après la naissance de Lucas. 3 ans à partager avec mes petits bouts. Que du bonheur. J’ai l’impression de ne plus être à la hauteur. J’ai surtout peur de ses caprices. J’ai peur de rester comme ça et ne plus devenir la maman que j’étais avant.
Bref, le temps est toujours long. Je me sens bizarre, comme si je vivais dans un monde à part, irréel. J’ai un désir irrationnel de dire à tout le monde, surtout les autres mamans, que je viens d’avoir un bébé…..
Depuis mardi, j’ai commencé à écrire. J’essaie de me souvenir de tout pour ne pas perdre une miette. Pour que cela reste entier, sans être modifié par le temps. Et aussi de rester peut-être encore dans la vie de Lucas un peu plus avant de dire vraiment adieu.
Merci encore d’être là. Je pense à vous toutes et surtout à Sylvie et à Françoise dans leurs grossesses. Des petites étincelles d'espoirs dans tout ça. Prenez bien soin de vous!
A bientôt
Lucy
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Journalisée
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isabelle
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« Répondre #6 le: 19 Avril 2007 à 15:46:59 » |
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Bonjour Lucy,  ton message de ce matin me touche beaucoup... tu décris tous les sentiments que l'on traverse quand on perd un bébé...et comme toi, je me sentais devenir une bien "mauvaise maman"... fatiguée, différente, détachée du monde et de ses petites préoccupations... depuis ce temps là, j'ai découvert que c'est le paradoxe de notre situation de mamans dans le deuil...bizarrement, on se met à douter de nos compétences.... et puis le deuil est un phénomène intérieur très consommateur d'énergie... alors, je peux te rassurer... tout ce que tu vis est le début de ce lent chemin qui se fait en toi... tu as besoin de parler de Lucas pour continuer à vivre la réalité de son existence...c'est ton tout-petit et il te manque tellement que cela te fait du bien de parler de lui... Tu es une super maman, seulement très éprouvée et sûrement fatiguée... Essaie, si tu peux, de prendre un peu de temps pour toi, pour te reposer ... Je sais que c'est facile à conseiller, pas toujours évident à faire... En tout cas, tu peux venir ici nous parler de ton petit Lucas... nous pourrons partager avec toi toutes tes émotions, ta douleur, tes peurs aussi quand tu te sentiras mal... Nous sommes de tout coeur avec toi... Courage, petite maman je t'embrasse  Isabelle
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Journalisée
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
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isabelle
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« Répondre #7 le: 23 Avril 2007 à 16:54:49 » |
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Un petit coucou pour toi Lucy, en ces jours peut-être difficiles ... je pense très fort à toi et t'envoie tout mon soutien de tout coeur avec toi Isabelle
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Journalisée
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
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Marie-Sylvine
Jr. Member
 
Messages: 61
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« Répondre #8 le: 24 Avril 2007 à 15:57:14 » |
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Bonjour Lucy,
Je viens de trouver ton message après quelques jours de vacances. Je suis très émue par la façon dont tu nous racontes ce moment unique de la rencontre avec votre petit Lucas, et tout l'amour que vous avez pu partager avec lui pendant toute sa petite vie, aussi courte soit elle. Quand on y pense, avec nos petits partis si vite nous n'aurons connu que de l'amour, mais cet amour est vécu avec une telle intensité qu'il nous comble pour le reste de notre vie ! Même si cela n'empêche pas le vide si douloureusement ressenti et parfois la colère, la tristesse et l'amertume... comme tu le décris si bien. Moi aussi j'ai eu l'impression pendant très longtemps d'être comme anésthésiée: ne plus rien ressentir, n'avoir plus aucune envie, aucun désir, ni même aucune émotion. Comme si la vie s'était retirée et que je n'existais plus que comme une automate. J'avais l'impression de "jouer un rôle" surtout quand on me demandait comment j'allais... je détestais cette question et j'ai souvent eu l'impression de répondre à côté de la plaque... Mais comme dit Sylvie, un jour on a l'impression que le brouillard devient moins épais et que la machine redémarre. On se sent capable à nouveau de reprendre un train pour une nouvelle destination. J'aime beaucoup cette image! Je te laisse car l'heure de la sortie de l'école approche, déjà ! Je t'embrasse bien fort, et te porte dans mon coeur avec ton petit Lucas, Marie-Sylvine
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Journalisée
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Marie-Sylvine, maman de Charlotte (23/07/94), Tiphaine (12/10/95), Camille (17/07/98), Annabelle (20/04/01) et Gabriel (21-24/03/05, mort d'une hernie diaphragmatique)
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francoise
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« Répondre #9 le: 24 Avril 2007 à 22:49:30 » |
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Bonsoir Lucy
Comment vas-tu aujourd'hui ? Tu sais, depuis ton dernier message, pas mal de choses résonnent dans ma tête.
La première, c'est quand tu parles de sentiment de culpabilité, l'impression de ne pas assez souffrir. J'ai eu aussi un sentiment comme ça, notamment je passais mon temps à comparer mon histoire à celle encore pire de mamans ayant vécu la mort subite du nourrisson. C'était ma façon à moi de chercher le positif dans la noirceur de la perte de ma petite Adèle, éviter de réaliser l'atrocité de ce que moi aussi j'avais vécu en soi. Un peu comme on cherche une bouée pour garer la tête hors de l'eau. Je crois que c'est tout simplement un réflexe de survie. Ma psy me disait que c'était aussi à relier avec l'éducation où l'on apprend à ne pas se plaindre, à prendre sur soi par rapport aux malheurs des autres. Et puis on aurait tant voulu prendre sur soi le malheur pour préserver nos petits, nous les grands ont aurait voulu tout endosser pour les protéger eux si petits et si fragiles. Eux qui n'avaient rien demandé, rien fait de mal, vraiment pas mérité un tel destin...
Je voudrais de dire petite Lucy de ne pas être trop dure avec toi même, ton chagrin est bien là et absolument immense, il est à la hauteur de l'amour que tu as donné à ton petit Lucas, et ce n'est pas parce qu'il ne sort pas ou ne se voit pas qu'il n'est pas là, bien réel et insondable. Ne cherche pas de normalité, de convenance, soit toi-même dans l'instant présent. Tu es sur le chemin du deuil et il est complexe, parfois incompréhensible. Moi j'ai olu pas mal de bouquin pour mieux le comprendre, ça m'a aidé à repérer les étapes, ça m'a rassurée.
La seconde chose qui résonne en moi, c'est la perte de confiance en soi, en tant que maman notamment. Ce sentiment aussi je le connais, et je crois qu'il m'a fallu accepter l'idée que je ne serai plus jamais la même maman qu'avant. J'ai eu de longgues phases ou je ne pouvais plus m'occuper de Quentin, je perdais patience. J'ai fini par le dire à mon fils, pour qu'il comprenne pq j'étais différente, que c'était parce que j'avais du chagrin pour Adèle. Puis ensuite ces moements se sont espacés, et je suis juste une maman différente, plus sensible, plus caline, plus inquiète, plus excessive parfois. C'est ainsi. Mais je sais une chose, c'est que je ne suis pas une moins bonne maman, j'aime encore plus fort, et j'ai repris confiance tout doucement, encore plus qu'avant peut-être car je sais que j'ai plus de ressources en moi qu'avant.
Garde confiance petite Lucy, je pense bien à toi Bonne nuit au pays des anges peut-être.
Françoise
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Journalisée
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Maman de Quentin (né en 2004), Adèle petite étoile que nous avons accompagnée jusqu'au matin de son 10ème jour (hypoplasie cardiaque découverte à 22SA, née le 29/8/2006 et décédée le 7/9/2006), Thomas (né en 2007) et Baptiste (né en 2012).
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Bénédicte
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« Répondre #10 le: 29 Avril 2007 à 22:14:18 » |
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Bonsoir Lucy,
Voilà 15 jours que je n'ai pas pu me connecter et j'ai vraiment très souvent pensé à toi et à Lucas. Je suis particulièrement heureuse et émue de lire que tu as pu rencontrer ton petit bonhomme vivant, que tu as pu lui murmurer plein de mots tendres, et lui montrer tout ton amour durant ces quelques minutes de vie! C'est un moment que tu n'oublieras jamais et je trouve ton idée excellente que d'écrire tous ces moments de vie passés avec Lucas.Tu garderas ainsi chaque détail en mémoire et sans doute qu'Amélie sera intéréssée de les lire plus tard... Je comprends aussi toute ta difficulté d'aujourd'hui à reprendre le fil de la vie alors que tu viens de perdre ton tout petit... aussi, n'hésite pas à venir nous parler de lui. Je t'embrasse bien fort, Bénédicte
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Journalisée
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Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
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isabelle
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« Répondre #11 le: 01 Mai 2007 à 15:32:58 » |
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Bonjour Lucy, je pense bien à toi aujourd'hui... Demain, ce sera juste l' anniversaire du premier mois du départ de ton petit Lucas...ce sera sûrement un moment très douloureux pour toi... Tu sais que nous sommes de tout coeur avec toi, dans ce temps si éprouvant à vivre... Laisse toi porter par ton coeur, même si tout te semble difficile... Courage , petite maman, pour ces temps de chagrin si intense... Peut-être pourrais-tu ouvrir, dans la rubrique "Le Coin du Souvenir" un petit message pour lui...ici, tu sais qu'on ne l'oubliera jamais... à bientôt Isabelle
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Journalisée
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
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Lucy
Invité
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« Répondre #12 le: 02 Mai 2007 à 11:14:36 » |
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Bonjour Isabelle,
Merci d’avoir pensé à l’anniversaire d’un mois de Lucas. C’est vrai que je le redoutais. Que c’est bêtement plus difficile. Je ressens un besoin de pleurer et je n’arrive pas vraiment. J’ai l’impression de refouler mes sentiments pour ne pas craquer devant les gens.
Comme Françoise à bien exprimée, je me dits que puisque cela ne change rien, peu importe d’exprimer ce que je ressens ou de me plaindre sur mon sort. Pourtant il le faut pour pouvoir avancer. Mais j’ai beau à essayer de me raisonner, je n’arrive pas. Et puis je ne suis pas sur de vouloir avancer encore. J’ai envie de me consacrer encore un peu à Lucas. J’ai l’impression que d’avancer trop vite sera de le trahir. Mais je suis bien fatiguée par toutes ces pensées.
Merci pour tous vos messages de soutien. Et en particulier à Françoise ainsi que pour tes autres messages dans le forum. Tu exprimes si bien ce que je ressens ou ce que j'ai ressentie. Parfois, j’ai l’impression que tu parles de moi !
Je garde une pensée pour Delphine et sa petite Marie demain.
A bientôt,
Lucy
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Journalisée
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delphine
Jr. Member
 
Messages: 82
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« Répondre #13 le: 02 Mai 2007 à 14:14:51 » |
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bonjour Lucy
j'ai une pensée toute particulière pour toi et ton petit Lucas en ce mercredi 2 mai...et je suis très touchée que tu penses à moi et marie à la veille des 2 mois de notre trop courte rencontre.
Je te comprends lorsque tu dis que les larmes ne sortent pas ou que tu veux rester avec ton Lucas; Ce temps si particulier nous fait ressentir tellement de sentiments si differents, et qui semblent parfois contradictoires.
Je me souviens de ce sentiment de culpabilité que j'avais eu lors de mon premier fou rire sans Marie...mais aussi parfois l'absence de larmes pendant quelques temps, et puis au détour d'une rue, alors que je ne m'y attendais pas du tout un flash et là je m'effondre....
Je pense qu'il est important de "se" laisser "s'exprimer". ..j'ai peut-être eu tendance à garder trop de choses pour moi pendant toute l'attente de Marie, que j'ai maintenant besoin et cela m'échappe de laisser sortir les choses...Cependant je ne le fais qu'avec certaines personnes....Mais il m'arrive aussi de vouloir tourner la page sur ma douleur mais pas sur elle... Je me suis dis que le mieux était de se laisser aller et le temps nous surprend...
A bientôt Lucy et courage à toi
Delphine
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Journalisée
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Delphine maman de Camille ( 2000) Cyprien (2003) Noëmie (2005), Marie qui veille sur nous tous depuis le 3 mars 2007 .
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Bénédicte
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« Répondre #14 le: 02 Mai 2007 à 21:32:37 » |
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Bonsoir Lucy,
Mes premiers mots sont pour toi et ton petit Lucas en ce jour anniversaire.Cette journée a due être particulièrement difficile, pleine de larmes et en même temps riche d'inoubliables souvenirs. Tu ressens aussi ce besoin de ne pas aller trop vite de te consacrer encore à Lucas. Tu sens combien ces étapes te sont nécessaires. J'ai envie de te dire fais-toi confiance ,et avance un pas après l'autre. Quant à craquer devant les gens, je me suis souvent retenue moi aussi mais je profitais des moments où je me retrouvais sur la tombe de ma fille pour lâcher mes larmes et déposer un peu mon chagrin. De tout coeur avec toi, Bénédicte
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Journalisée
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Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
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