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damebea1975
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« Répondre #3 le: 09 Juin 2011 à 11:04:46 » |
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Bonjour,
Ma fille a été accueillie en réa-néonatale le lendemain de sa naissance. Elle y est restée 4 jours avant de décéder. Nous avons fait nos propres photos, nos propres films.
Mais je me rappelle de ce matin où mon mari était encore à la maison avec les grandes, et moi auprès de Bérénice. La puéricultrice me l'a mise en peau à peau et m'a dit "Je vais jouer au paparazzi puisque papa n'est pas là ; vous êtes trop belles." Et elle a fait des photos de ce peau-à-peau, le seul, le premier, le dernier... Ce moment si intense où mon bébé était au chaud contre moi, à dormir paisiblement, sous mes caresses. Je n'aurais jamais osé lui demander. Je lui suis infiniment reconnaissante d'avoir pris cette initiative.
Ensuite, au moment du décès, j'étais présente. Elle nous a proposé de faire ses empreintes. Nous avons accepté. Ensuite, elle a mis toutes les petites affaires de Bérénice dans une enveloppe fermée en notant dessus justement "Les petites affaires de Bérénice". Je n'ai ouvert cette enveloppe que plus tard, pour y découvrir, les empreintes à la peinture de ses pieds, sa sucette qui lui était donnée en réa, la partie en plastique du tensiomètre qui entourait sa cheville en réa. J'ai été très émue de voir toutes ces petites choses qui avaient marqué son passage parmi nous, que je n'aurais jamais pensé à réclamer. Merci donc à cette puéricultrice pour cela.
Enfin, 1 mois après le décès de Bérénice, ce n'est pas une lettre de condoléances que j'ai reçue du service, mais un courrier qui disait : "Il y a un mois, nous avons soigné votre petite Bérénice dans notre service. Si vous souhaitez nous revoir, n'hésitez pas à prendre contact avec nous, nous serons toujours disponibles pour vous." Elle était signée par toutes les puéricultrices qui l'avaient soignée. J'ai été très touchée, car c'est très émouvant de pouvoir parler avec ceux qui l'ont vraiment connue ! Et c'est si important qu'on vous parle encore de votre bébé alors que beaucoup voudraient vous voir passer à autre chose.
Et en mars de cette année, pour les 1 an de Bérénice, j'ai à nouveau reçu un courrier du service de néonatal me redisant qu'ils étaient à ma disposition et qu'ils n'avaient pas oublié le passage de Bérénice auprès d'eux. Là aussi, quelle émotion, mais aussi quelle chaleur pour mon cœur de maman que certains se rappellent et me parlent de ma petite fille, pour son premier anniversaire.
Alors voilà, ce n'est que ce que j'ai vécu. Mais malgré tout, je pense que même si les parents, dans le fort de leur douleur, refusent les souvenirs matériels, après, c'est quelque chose de précieux. Une amie qui a perdu son garçon durant l'accouchement était si effondrée avec son mari pendant qu'ils disaient adieu à leur petit bout, qu'ils n'ont fait aucune photo, n'y pensant pas. Quand elle a su que le pédiatre qui avait fait l'autopsie avait fait des photos, elle s'est battue pour obtenir ces deux photos... deux photos... seule trace encore palpable de la venue de leur premier enfant. Elle en souffre énormément. Même si ces souvenirs ne sont pas touchés ou consultés tous les jours, savoir qu'ils sont là est précieux.
Je me rappelle aussi, après que le cœur de Bérénice se soit arrêté et que l'infirmière l'ai prise pour lui retirer la sonde, l'infirmière l'avait dans ses bras et m'a proposé de la prendre. J'ai dit non, trop abattue. Elle m'a dit : "Je vais la prendre moi, et si vous voulez bien, je m'assois à côté de vous." Puis au bout de quelques minutes, elle m'a dit : "Même si je l'ai dans les bras, n'hésitez pas à me la demander, je vous la donne de suite." Et alors, là, je l'ai reprise.
Merci à vous de vous préoccuper de "l'après" pour les parents, même si votre travail de soignants est le "pendant". N’imposez pas, proposez... et laissez une ouverture. Bonne continuation,
Béatrice.
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