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Jessica
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« le: 05 Janvier 2011 à 20:42:04 » |
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Notre histoire, c’est celle de notre puce, Gabi née pour notre plus grand bonheur et décédée à notre grand chagrin le 8 février 2009, en raison de malformations sévères (hernie diaphragmatique, hypoplasie du cœur, anomalies chromosomiques du X et du 15).
Cette grossesse a vraiment été un tournant dans notre vie. Pour moi, car elle m’a fait découvrir ce dont je me sentais au départ vraiment dépourvue : l’instinct maternel, dans le sens de l’amour inconditionnel et sans limite. Pour guillaume, car cela l’a amené à me suivre sur le chemin de la poursuite de grossesse, pour rencontrer notre fille et devenir papa.
La terre s’est littéralement dérobée sous nos pieds lorsque l’échographe nous a annoncé les premières malformations lors de l’échographie du 5ème mois. Nous avons compris la gravité du problème et entamé un marathon d’examens, en refusant de se résigner à l’impensable : l’impossibilité de sauver notre fille. Malheureusement, chaque nouveau résultat a amené une mauvaise nouvelle supplémentaire, jusqu’au couperet final 3 semaines plus tard : « nous ne pouvons rien faire ; elle ne pourra pas survivre. » Incompréhension, colère, désespoir, rage, angoisse… toute une cohorte de sentiments nous envahissent. Jamais nous n’avions imaginé devoir perdre notre bébé ; nous nous sentons tellement impuissants…
Vient alors le moment terrible de « faire un choix » : interrompre la grossesse ou la poursuivre. Quelle que soit notre décision, l’issue est la même : notre fille va mourir. J’ai l’impression de devoir choisir « entre la peste et le choléra », comme me le dira Isabelle. Mon cœur explose à l’idée de mettre moi-même un terme à la vie de ma fille (choisir une date d’IMG), je me sens déjà tellement responsable de ce qui lui arrive ; je sens qu’en choisissant l’interruption je ne m’en relèverai jamais, que la souffrance psychologique sera trop grande… Elle ne souffre pas dans mon ventre et s’endormira doucement à la naissance, alors pourquoi abréger sa courte vie ?
En découvrant SPAMA, je me sens soudain moins seule et comprise. Je parle à guillaume de mes angoisses, et il accepte de continuer l’aventure. A partir de ce moment, je réinvestis ma grossesse à 200% : nous faisons de l’haptonomie, nous partageons des moments de bonheur intense en sentant notre puce bouger et se lover sous nos mains.
Non, sa vie n’a pas été un échec. Elle a eu un chemin différent de celui que nous avions tant souhaité ; mais pendant ces quelques mois nous l’avons couvert d’un amour inconditionnel, si intense. C’est Gabi qui nous a tellement appris sur notre absence de contrôle sur la vie ; c’est elle qui nous a fait devenir parents, dans l’extrême peine et en même temps dans l’extrême joie, car tous nos sentiments ont été démultipliés. Avec elle, nous avons vécu et perçu l’ESSENTIEL… difficile de revenir dans le « monde d’avant » ensuite. Il y a vraiment un avant et un après.
Nous avons eu la chance de la rencontrer en vie, de la serrer toute chaude contre nous, de lui dire à quel point nous l’aimions et nous étions désolés de ce qui lui arrivait… 38 minutes les plus intenses de notre vie, tous les 3 lovés ensemble. Je ne l’ai pas sentie « partir »… peut-être est-ce mieux ainsi, je me dis qu’elle n’a pas ou peu souffert.
Le plus dur dans cette histoire a été de vivre sans elle, de souffrir psychologiquement et physiquement de son absence, avec cette douloureuse sensation de « bras vides ». Il a fallu réapprendre à vivre, retrouver petit à petit la joie de vivre qui nous avait quittée, reprendre pied dans le « train de la vie » qui nous avait laissé sur le bas côté… Pas à pas, avec les parents de SPAMA et quelques amis / famille proche, nous y sommes parvenus.
Cela fait bientôt 2 ans que Gabi est passée dans nos vies, et nous avons depuis septembre dernier l’immense bonheur de cajoler son petit frère, Tiago, notre « bébé espoir ». Il nous met du baume au cœur et nous savons que chacun a sa place dans notre famille. Bien sûr, nous lui parlerons de sa sœur.
Jessica et Guillaume.
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