Coucou je suis là,
Eh bien oui, encore une fois ma maman a eu très, très chaud, un lundi matin, la nutrition entérale n'a pas voulu passer correctement, ce n'est pas la nutrition, c'est moi qui suis pouf !
Heureusement que maman à toujours les yeux sur moi, elle a constaté tout de suite que je n'étais pas dans mon état normal.
Blême,livide comme un linge passé au soleil, arrosé de jus de citron, toute molle, les yeux révulsés.
C'est vrai, qu'il y a des moments comme cela, où la vie ne tient qu'à un fil ; le tout c'est de tenir ferme & être fort dans ce moment précis, car c'est dure, c'est insoutenable...
Je voyais s'affairer ma maman, mais je ne pouvais pas réagir pour l'encourager ne serait ce qu'un tout petit peu, j'étais sans force.
Je l'ai entendu dire : " Cette fois c'est fini..."
Ce qui l'a découragé le plus; le SAMU ne s'est pas déplacé vu le diagnostique donné par ma mère, ils ont répondu : Appelez votre médecin traitant, mon médecin injoignable un lundi.
Donc avec ma tatie, nous voilà parties, direction la capitale, pour l'hôpital de la femme, des enfants & de la mère...
Arrivées, fièvre 40°, convulsion, plus rien ne va, salle de déchoquage, maman croyais retourner à la case départ, même scénario, même environnement, même personnel, répétition totale de tous les gestes des autres fois.
Le tout c'est de ne pas lâcher l'affaire pas même une seconde. C'est pour ceux qui m'entourent que c'est dure, parce que moi je ne sens plus rien.
Je ne réagis pas aux piqûres des aiguilles, les veines qui glissent comme des anguilles, qui ne tiennent pas le coup non plus.
Les infirmières qui se relais,les examens sont partis au laboratoire, les soins s'enchaînent, les appareils se déchaînent et s'emballent, électrocardiogramme, électroencéphalogramme , radio pulmonaire, ça y est la perfusion est prête pour me réhydrater, les médecins se concertent, ils donnent leur avis, secouent la tête.
C'est vrai je suis un cas rare, c'est eux qui le disent...
De mon côté, je m'enfuyais à toute jambe, laissant la mort sur place....
Ma mère a eu droit à un nouveau séjour à l'hôpital, elle ne me laisse jamais seule, heureusement pour moi, son amour et ses câlins me manqueraient.
Encore une fois, j'ai fais courir le staff, les infirmières de garde n'ont pas chômé, beaucoup de renvois, quelques jours dans le cirage, car je dormais tout le temps.
Les médecins essayais de me réveiller, rien à faire je dormais... L'air de dire laissez moi !
Ah ce personnel, je leur droit une fière chandelle car malgré tout ce qui a été dit sur ma maladie ils sont efficaces, tenaces et présents, cherchant toujours à me ramener sur la terre ferme...
Maman se démène pour que je reçoive ma dose d'amour et de câlin, oui c'est important même quand je dors car je souris lorsqu'elle me touche, qu'elle me prend la main, me fait de longs bisous, cela fait quatre ans que notre idylle a commencé et continue, malgré vent et marrée...
Je l'entends souvent me dire : Tiens bon ma Chrysalide, tu deviendras papillon, j'en suis sûre....
Mon grand frère Pierre-Alain qui me parlait tout bas dans le ventre de ma maman m'a promis un tour sur son vélo, j'ai intérêt à me dépêcher de prendre des forces, car cela me parait chouette...
Déjà, avec mon alimentation entérale, ça marche je grossis, maintenant je tiens mieux sur mon motillo pour avancer dans la maison.
Je danse, car maman aime beaucoup la musique, aussi elle chante souvent, nous rions, nous ne sommes jamais triste... Même la nuit nous nous chamaillons...
J'aime cette complicité...
A noël, mes yeux ont brillé plus que toutes les guirlandes placées sur l'arbre, mon cadeau est bruyant, une mélodie harmonieuse se laisse écouter quand je pose la main, j'emboîte, je déboîte, c'est fabuleux, maman ne pensais pas que je pouvais me débrouiller toute seule, ça y est, j'ai franchie une étape, c'est fait aussi pour cela noël...
La maladie derrière moi, allons de l'avant, continuons notre périple, au bout la victoire...
Sinn'n & Thalitha !