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Auteur Fil de discussion: Bérénice, ma petite princesse  (Lu 9330 fois)
noisette
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« Répondre #135 le: 03 Septembre 2010 à 21:32:33 »

Chère Béatrice

Quelle rentrée difficile pour toi, ton cœur de maman est bien secoué... On voudrait tellement être forte mais on se retrouve si souvent confronter à nos limites...

Comme le dit si bien Isabelle, ta peine et ton chagrin sont à la hauteur de l'amour que tu as pour ta petite Bérénice... Elle est présente dans tes pensée, elle est présente dans ton cœur lorsque tu t'occupes de tes petits élèves, et c'est bien normal quelque part que tous ces petits regards tournés vers toi chamboule ton cœur de maman si empli de la présence de ta petite fille.

Lorsque j'ai repris le travail, plus d'un an après le départ de Thibault, j'étais aussi chamboulé, je me sentais fragilisé, puis petit à petit la confiance est revenu...Dans les moment de chamboulement, j'essaie de lui parler au fond de mon cœur...cela m'apaise, j'aime bien me dire qu'il veille sur moi et "m'aide" à avancer à sa façon sur mon chemin...

Je t'embrasse et j'envoie un gros bouquet de tendre pensée à ta petite Bérénice...

Claire-noisette
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Claire, maman de Thibault (né le 6 octobre 2007 et décédé 1 heure après), et d'une petite Lucie, née le 28 septembre 2008
damebea1975
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« Répondre #136 le: 07 Septembre 2010 à 22:25:01 »

Bonsoir Claire, bonsoir les mamans,

Ai-je repris le chemin du travail trop tôt ? Est-ce que ça aurait été plus facile plus tard ?
Impossible de répondre...
5 mois, c'est à la fois long si je mesure le temps qui me sépare de ma petite Bérénice, et court si je mesure le temps de "deuil"... se faire à l'idée que ce bébé est bien né, qu'il est venu au monde et a vécu quelques jours auprès de nous... cela me paraît tellement irréel.
En allant au cimetière dimanche, je me suis retrouvée désarmée : qu'est-ce que je fais là ?
Accroupie devant ma petite fille, je n'ai pu lui murmurer, en déposant ce bouquet, que ces quelques mots : "Je suis désolée ma chérie, c'est tout ce que je peux faire pour toi. Je t'aime !"
Et là, une envie de rester, de vouloir faire quelque chose... mais quoi ? Je ne peux rien faire pour Bérénice. Je ressens pourtant cette frustration : rester auprès d'elle et prendre soin d'elle. Alors je me contente d'arracher les fleurs fanées, de coupées les tiges dans le vase, d'essuyer la croix, de caresser son prénom gravé pour le voir à défaut de l'entendre. Et je prolonge ainsi mon temps auprès d'elle.

Avoir repris le chemin de l'école est si irréel.
Je retrouve ma vie telle que je l'avais laissée au 1er février, début de mon congé de maternité.
Tout autour de moi est comme "avant" : mêmes élèves dans la cour, mêmes collègues, mêmes habitudes, mêmes réflexes... bref, la vie a continué.
Et moi, je me retrouve là avec l'impression d'avoir simplement fait un cauchemar : m'être endormie il y a quelques mois et me réveiller avec cette impression désagréable.

Mais non, tout est bien réel : j'ai eu un enfant, mon enfant est morte. J'en ai la preuve physique sur mon ventre avec cette cicatrice qui elle ne disparaîtra pas. Je n'ai pas rêvé... mais moi seule vit cela silencieusement. Autour, dans ce monde, ça ne se voit pas, ça n'a pas laissé de trace...

J'ai lu ce soir ce texte que Muriel vous avez fait partager il y a quelques années, et je m'y retrouve aujourd'hui.

Texte tiré de la Lettre des Amis compatissants du Canada :
J'aimerais que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de mon enfant disparu, à me parler de lui. Il a vécu, il est important encore pour moi, j'ai besoin d'entendre son prénom et de parler de lui. Alors ne détournez pas la conversation.
Si je suis émue, que des larmes m'inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous m'avez blessée, c'est sa disparition qui me fait pleurer, il me manque ! Merci à vous qui m'avez permis de pleurer ! Car chaque fois mon cœur guérit un peu plus.
J'aimerais que vous essayiez de ne pas oublier mon enfant [...] pour moi, ce serait le faire mourir une 2ème fois.
Être un parent en deuil n'est pas contagieux, ne vous éloignez pas de moi.
J'aimerais que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes : c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint, d'un animal.
Ne comptez pas que dans un an, deux ans, dix ans, je serai guérie, je ne serai jamais ex-mère de mon enfant. J'apprendrai à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence. J'aurai des hauts et des bas.
Ne croyez pas trop vite que mon deuil est fini, j'espère que vous admettrez mes réactions physiques dans le deuil : peut-être vais-je prendre ou perdre du poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaque, le deuil rend vulnérable.
Sachez aussi que tout ce que je fais et que vous trouvez un peu fou est normal pendant un deuil. La dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir, l'isolement, l'agressivité et la remise en question des croyances et des valeurs fondamentales sont des étapes du deuil d'un enfant. Essayez de m'accepter dans l'état où je suis momentanément, sans vous froisser.
Il est normal que la mort de mon enfant me fasse perdre courage, ambition ou projets d'avenir, je ne vis que de son souvenir, donc dans le passé.
Je peux aussi être démotivée dans mon travail, je le fais par habitude, pour survivre, mais parfois sans conviction, ne m'en voulez pas.
J'aimerais que vous compreniez que le deuil transforme une personne, je ne suis plus celle que j'étais avant et je ne le serai jamais plus. Si vous attendez que je redevienne comme avant, vous serez toujours frustré. Je deviens une personne nouvelle, avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations, de nouvelles croyances.
Je vous en prie, efforcez-vous de refaire connaissance avec moi, peut-être m'apprécierez-vous de nouveau. Je n'arrive plus à aller au-devant de vous, je suis souvent seule, parce que j'ai besoin de temps, de réflexion, et pourtant si c'est vous qui venez me chercher, alors je serai contente.
Le jour de l'anniversaire de mon enfant, celui de son décès sont très difficiles à vivre pour moi, de même que les autres fêtes (mon propre anniversaire, la fête des mères, Noël ou même les vacances). [...]
Quand je suis tranquille et réservée, sachez que souvent je pense à lui, alors ne vous efforcez pas de me divertir. Mais j'ai besoin de vous, de votre présence, de me sentir entourée, malgré mes sauts d'humeur.
Merci à vous qui me comprenez mieux maintenant.


Je pense que ce texte me parle car en ayant repris une activité professionnelle, j'ai aussi repris contact (en théorie) avec l'extérieur.

J'ai aussi pu lire quelques lignes sur les aides que l'on trouve chacune.
Il y a quelques semaines, le psychologue et le médecin traitant m'encourageaient à prendre des antidépresseurs. Je n'arrive pas à m'y résoudre. Quels effets cela aura-t-il sur moi ? Quelle aide cela va-t-il m'apporter ? Est-ce simplement mettre un couvercle sur mes maux ? Et comment faire ensuite ?
Je voudrais tant remonter la pente à force de volonté, mais je me rends compte que la volonté ne suffit pas. Je prends de bonnes résolutions, je me motive, et puis, en quelques heures ou en quelques jours, tout retombe comme un soufflet.

Mon Dieu que c'est difficile ! Accepter et continuer...

Je vous souhaite une bonne nuit et garde précieusement votre soutien dans mes pensées.
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Béatrice
Maman de quatre princesses : Chloé 30-06-1998, Amandine 28-05-2001, Juliette 06-02-2005 et Bérénice 29-03-2010/02-04-2010 (Trisomie 18 diagnostiquée après la naissance)
isabelle
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« Répondre #137 le: 08 Septembre 2010 à 09:47:57 »

Coucou Béatrice,

je te vois ce matin en direct ici....et oui, c'est mercredi, tu n'es pas en classe....
je comprends combien tu te sens perdue face à tout ce chamboulement intérieur dans lequel tu es aujourd'hui, alors que tu voudrais tout simplement vivre avec ta petite princesse...quelle épreuve... le rythme de la vie quotidienne a recommencé son année et toi, tu es là comme absente, face au monde qui tourne comme avant...
il faut peut-être laisser du temps au temps...tu as une énergie si incroyable, une force de vie en toi si formidable que tu voudrais pouvoir avancer....mais aujourd'hui, tu es encore éprouvée par le "mur" que tu as pris en pleine figure...
c'est super normal que tu te sentes déprimée...tu as perdue ta fille, ce n'est pas rien, c'est même énorme...toutes ces émotions qui remontent ne dépendent pas de ta volonté, elles ont besoin d'émerger peu à peu pour t'aider à apprivoiser l'immense épreuve que tu traverses, la perte que tu viens de vivre...c'est peut-être pour cela que dans le deuil toute notre énergie se consomme dans ce "travail' intérieur et qu'il faut se ménager du repos...
je ne sais pas si les anti-dépresseurs te sont nécéssaires...seul ton médecin peut le savoir...mais être en phase de grosse déprime est une étape tout à fait naturelle du deuil...peut-être peux tu aussi trouver de l'aide et du soutien dans des moyens plus "softs" comme avec les méthodes de médecine douce...quelques mois après le décès d'Emmanuel, je me suis fait masser par un kiné pour aller dénouer les noeuds que mon corps avait fait...il y a des plantes qui peuvent aider, l'acupuncture aussi...à toi de voir ce qu'il te faut, mais c'est sûr que des techniques complémentaires ne peuvent qu'aider...
Ta petite Bérénice a laissé une trace sur ton ventre, mais elle a laissé ton coeur de maman complètement chamboulé aujourd'hui...ça ne se voit pas bien sûr mais nous savons ici combien cette douleur est une terrible épreuve....
de tout coeur à tes côtés...
Isabelle
« Dernière édition: 08 Septembre 2010 à 14:30:12 par isabelle » Journalisée

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« Répondre #138 le: 08 Septembre 2010 à 11:00:51 »

Chère Béatrice,

Ce que tu as vécu est terrible, la perte de son enfant, brutalement, sans que rien ne le prévoyait.
 Et tu te retrouves aujourd'hui dans ton environnement comme avant la naissance. Es-tu passé par une phase irréelle ?
Non, mais c'est un sentiment est souvent ressenti par les mamans.

Mais non, ta Bérénice est bien née, elle ta 4ème fille, partie trop tôt. Et le texte que tu nous as refait partager montre à quel point ta fille existe, que tu ne veux pas qu'on l'oublie.
Soit certaine qu'elle reste dans nos coeurs.

Prends soin de toi chère Béatrice. La plaie est encore si vive et le temps de deuil est si éprouvant. Le rythme est différent pour chacune, alors prends le tien.

Je te porte avec toute mon affection et t'embrasse fort
Marie
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« Répondre #139 le: 08 Septembre 2010 à 11:06:06 »

Bonjour Béatrice

Je ne peux pas te mettre un long message car je suis au travail, et je venais juste me faire une petite pause Spama, mais je ne peux lire ton message sans laisser un petit mot...

As-tu repris le travail trop tôt, peut être, peut être pas...toujours est-il que je pense quelque soit le moment cette reprise est difficile..On retrouve le même monde qu'on a quitter quelques temps avant alors que nous avons tellement changé de l'intérieur. C'est alors tellement difficile. Les automatismes sont restés mais on se sent tellement décalé...Il faut du temps pour se réinsérer dans milieu, pour arriver à le regarder avec notre nouveau cœur et nos nouveaux yeux, le cœur encore empli de chagrin.

Je te rejoins tout à fait lorsque tu parles du cimetière. Je me retrouve aussi souvent devant la tombe à ne pas savoir quoi faire pour mon petit Thibault mais a avoir envie de rester quand même avec lui. J'aime alors nettoyer sa petite tombe, comme si je rangeais sa chambre. J'étais également venu, une fois où il faisait beau avec l'album où j'avais rangé les photos de sa naissance et les petits mots que les personnes m'avaient écrit à l'occasion. Dans le cimetière où il est enterré, le carré des anges est entouré de verdure et je métais assisse dans l'herbe pour être juste avec lui. Parfois aussi , je fredonne sa chanson que nous avions choisi pendant la grossesse... Maintenant j'ai mon petit rituel quand je viens le voir...et c'est comme une rencontre attendue et préparée.

Pour les antidépresseurs, seul le médecin peut effectivement le savoir, parfois ils sont une aide précieuse pour passé un cap difficile.  C'est sûr qu'ils ont aussi des effets secondaires, et si tu n'arrive pas à te résoudre à en prendre et si ton médecin juge que ce n'est pas indispensable peut être peux tu essayer d'autre technique au moins pour commencer. L'homéopathie peut aider à bien se relaxé, la kiné aussi (j'avais essayer quand j'attendais Lucie car le stress avait généré un gros nœud dans le dos...cela avait été très efficace, et puis cela fait du bien que quelqu'un s'occupe de nous tout en douceur). L'acupuncture, je ne connais pas mais j'en ai entendu beaucoup de bien aussi..

Je t'embrasse

Claire-noisette
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gin69
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« Répondre #140 le: 09 Septembre 2010 à 10:06:18 »

boujour Béatrice,

Ce que tu décris de ta reprise du travail, du monde qui a continué de tourner sans toi, je le ressens déjà alors que je n'ai pas encore repris le travail... Je ne sais pas si c'est une question de temps, de trop tôt ou pas, peut-être juste une nouvelle confrontation à la réalité de nos histoires et de retrouver un monde, des gens, qui voudraient nous retrouver "comme avant", alors que nous avons tant changé avec ce que nous avons vécu avec nos touts-petits!
Je reste convaincue qu'il faut parfois savoir être un peu égoïste...non tu ne sera plus la même, oui c'est normale que tu n'aille pas bien, que tu vives encore dans le souvenir si présent de ta puce...et il n'est pas question de faire "semblant"... ce que tu vis est si difficile.
Personnellement, cela fait trois années que je suis confrontée à des deuils différents ( mon beau-père en 2008, mon père l'an dernier et mon petit Baptiste il y a 6 mois) et je me suis rendue compte que dans notre société, la mort est tabou, le chagrin et le deuil aussi...il faut tout de suite que les choses reprennent leur court, que nous redevenions les mêmes..c'est impossible!!
Autrefois, on vivait un an son deuil : on sortait peu, on s'habillait de noir...même si ce n'est peut-être pas nécessaire de revenir à ces "codes", n'empêche que c'était une manière pour la société de reconnaître ce temps nécessaire au deuil...aujourd'hui, il faut vite passer à autre chose...
Laisses-toi le temps qu'il te faut, et autorises-toi à être une maman en deuil de sa petite fille, même si cela dérange...
Quant aux antidépresseurs, je ne suis pas très bonne conseillère en la matière et c'est à toi et ton médecin de voir si c'est le mieux...
Personnellement je trouve que là encore, on a tendance à vouloir très vite masquer la souffrance et le mal-être...que tu sois déprimée est normale...on ne le serait à moins...
Pour ma part, je les ai refusé, d'abord parcque je voulais allaiter Quentin, et puis je crois qu'il faut parfois accepter ou que les autres acceptent de nous laisser vivre notre souffrance et notre chagrin...à notre rythme et que c'est peut-être ça qui nous aident ensuite à reprendre notre chemin, avec un coeur nouveau, un regard nouveau... Mais peut-être faut-il parfois se résoudre à ce traitement si ta santé est en danger... Côté médecine douce, je suis retrounée déjà trois fois chez mon osthéopathe depuis la naissance des jumeaux... si tu connais un peu, c'est une approche qui lie volontiers les tensions du corps aux maux de l'esprit et du coeur... ces quelques scéances m'ont permis de dénouer les "noeuds" comme le dis Isabelle, à la fois sur le plan corporel et puis à faire disparaître cette "boule" toujours au ventre les premiers temps... en se faisant "cocooner" et en parlant de mon Baptiste...
Je te livre là, ma "petite" expérience...mais comme toujours, chacune est unique et c'est à toi de trouver ce qui t'aidera le mieux, à ton rythme...
Ce qui est sûr, c'est que l'on reste là, présentes à tes côtés.
Mille baisers à toi et une douce pensée à Bérénice.
Virginie
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Virginie - Maman de Raphaël (2002) ,Nathan (2004) , Quentin né le 18/02/2010 , et Baptiste notre petit prince né et reparti sur son étoile le 18/02/2010 (Association VACTERL et sirénomélie décelée à 12 SA).
damebea1975
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« Répondre #141 le: 09 Septembre 2010 à 12:53:08 »

Bonjour,

Merci pour tous vos messages...

En fait, j'ai pris du Millepertuis (phytothérapie) pour calmer mes angoisses durant l'été. J'étais effectivement plus apaisée, mais j'avais l'impression de ne pas ressentir ce que je ressentais vraiment... c'est pas très clair, mais c'est difficile à expliquer. J'étais spectatrice de ma vie : je faisais, mais je ne décidais rien... juste suivre le mouvement. J'ai donc arrêté. Je n'aime pas cette sensation de ne pas être celle qui est en moi : un décalage entre ce que je ressens et ce que mon corps manifeste.
Mais je sens bien que du coup, j'ai de très grosses angoisses qui reviennent, aussi fortes qu'avant.

Je suis aussi retournée chez mon ostéopathe, celle qui m'avait préparée à l'accouchement. Effectivement, je sentais les tensions, je sentais mon corps qui résistait alors qu'elle essayait de dénouer tout ça... Par contre, il faudra que j'y retourne à la fin du mois. Tout ce que j'étouffe et n'arrive pas à exprimer, c'est mon corps qui le garde.
J'ai essayé sur ses conseils les fleurs de Bach (étoile de Bethléem et un autre complexe)... j'avoue ne pas voir d'effets.

Du coup, je me repose des questions sur les antidépresseurs : est-ce une aide réelle, ou simplement un cache-misère ?
Comme la chimie me fait peur, je vais reprendre le millepertuis, antidépresseur naturel... et continuer la psychothérapie.


Cependant, j'avoue que c'est sous la pression du corps médical et d'une partie de mon entourage que je me pose ces questions... "Vous ne voulez pas aller mieux ?" - "Ça t'aiderait" - "Si t'en prends pas, tu vas être vraiment dépressive !", etc. Et puis inversement j'entends : "Prends pas cette cochonnerie, tu vas être dépendante, l'ombre de toi-même." - "Prends-toi en mains au lieu de te morfondre !"...blablabla

Virginie, tu as raison : ce n'est pas socialement correct de ne pas aller bien, de ne pas travailler pour "dépression", de pleurer un enfant que l'on a "à peine connu", de ne pas se "soigner"...

C'est contradictoire, mais le retour avec le contact extérieur ne me fait pas de bien, je trouve que ça me pousse encore plus vers l'envie de m'isoler. Je dois peut-être davantage communiquer avec l'entourage pour expliquer que ce qui leur fait du bien (me voir "comme avant"), à moi, ça ne fait pas de bien !

Heureusement que des associations comme Spama existent pour pouvoir exprimer tous ces sentiemnts hors-norme.

Bon après-midi et à très bientôt de vous lire.
Journalisée

Béatrice
Maman de quatre princesses : Chloé 30-06-1998, Amandine 28-05-2001, Juliette 06-02-2005 et Bérénice 29-03-2010/02-04-2010 (Trisomie 18 diagnostiquée après la naissance)
nathalie
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« Répondre #142 le: 09 Septembre 2010 à 13:52:19 »

bonjour,
je pense que le deuil est un état physique et psychique à part entiere tres mal accepte par l'entourage, qu'être amputée d'un enfant ça se ressent obligatoirement, que quelque part, il faut bien cheminer sur ce chemin là, qu'on n'arrète pas d'avoir perdu un enfant mais que le chemin intérieur évolue. et ça angoisse l'entourage ce décalage avec le temps present, ce passage dans un monde qui n'est plus tout à fait le même.
Pour ma part, je pense que la seule porte de sortie, c'est vers le haut, c'est vers le plus et non pas vers le moins que l'on arrive à moins souffrir,
c'est plus de sensibilité, plus d'amour, plus de compassion, plus de tendresse, plus d'enfant qu'il n'y parait aussi, plus de profondeur sans doute, plus de silence, plus d'émotions, .....
Peut être aussi accepter de ne plus tout à fait se reconnaître   
On ne peut pas faire comme si, ça fait tomber malade, et souvent on ne veut pas,
faire comme si "il ne s'était rien passé",
un deuil c'est un deuil, pas forcement une depression, c'est un temps normal de desinvestissement massif,

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« Répondre #143 le: 09 Septembre 2010 à 14:10:28 »

il peut être interessant de trouver ses propres rituels de deuil pour ne pas subir tous les bien pensants qui savent ou plutot croient savoir mieux que toi ce qu'il convient que tu fasses, penses bien que pour chacun de tes choix, ce n'est pas eux qui assumeront, facile si facile de dire à l'autre ce qu'il devrait faire, comment il devrait ressentir, comment il devrait aimer, comme si un enfant ça se jetait au fond d'un trou et puis youpla, on passe à autre chose et on part faire la fête,
bon courage béatrice en ces temps de douleur, et de manque,
nathalie
Journalisée
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« Répondre #144 le: 09 Septembre 2010 à 14:42:09 »

Chère Béatrice,

Tes messages sont chaque fois bouleversants, car tu t'exprimes avec tant de finesse et de sensibilité que l'on se sent tout proche de toi.
Peut-être d'ailleurs cela fait-il parfois peur à ton entourage, car comme tu le sais, le sens certainement, la mort et les émotions et sentiments qui l'accompagnent sont très tabous dans notre société.

Je pense exactement comme Nath, qui écrit " je pense que la seule porte de sortie, c'est vers le haut, c'est vers le plus et non pas vers le moins que l'on arrive à moins souffrir,
c'est plus de sensibilité, plus d'amour, plus de compassion, plus de tendresse, plus d'enfant qu'il n'y parait aussi, plus de profondeur sans doute, plus de silence, plus d'émotions, .....
Peut être aussi accepter de ne plus tout à fait se reconnaître "
C'est en m'acceptant tellement différente, transformée par la mort de ma puce, que j'ai pu aimer tout ce qu'elle me transmettait "en plus", et m'aimer moi-même plus fragile, plus sensible, plus profonde, plus tendre .....

Quant à tes questions sur un éventuel traitement anti-dépresseur ..... je comprends que ce soit difficile pour toi de décider quoi faire.
Je rejoins complètement Virginie, qui dit "je crois qu'il faut parfois accepter ou que les autres acceptent de nous laisser vivre notre souffrance et notre chagrin...à notre rythme et que c'est peut-être ça qui nous aident ensuite à reprendre notre chemin, avec un coeur nouveau, un regard nouveau... Mais peut-être faut-il parfois se résoudre à ce traitement si ta santé est en danger...".
Pour ma part, je crois aussi beaucoup que l'acupuncture et l'ostéopathie, par exemple, qui prennent soin du corps en l'écoutant, sont d'une grande aide dans ces épreuves de la vie.
Je compatis pour toute cette pression que tu ressens autour de toi ..... cela peut ébranler beaucoup, et donner envie de s'isoler pour y échapper.
Mais je pense à ces facilités d'écriture que tu as, à ton expression écrite si fine et sensible ..... as-tu déjà tenté de communiquer par écrit à tous ces proches qui ne parviennent pas à t'aider, parce qu'ils ne parviennent pas à comprendre tes besoins ?
J'ai de temps à autre choisi ce moyen d'expression (par mail notamment), qui, en plus de m'alléger et de ma défouler .... m'a parfois permis d'atteindre certaines personnes qui me semblaient très loin de me comprendre.

Ce ne sont que des pistes, chère Béatrice, qui me viennent aujourd'hui à l'esprit .... puissent-elles au moins t'assurer de la force de mes pensées pour toi, et de mon admiration pour toute l'énergie que tu déploies pour tenter de faire respecter cette douleur intense qui t'habite et te transforme depuis la mort de ta précieuse petite princesse.
J'ai confiance, pour toi, mais je sais que le chemin est très rude, et que tu te sens parfois bien petite devant les montagnes qui surgissent. C'est l'amour pour ta fille, Bérénice, qui te donnera jour après jour la force d'avancer. C'est ainsi que tu montreras aux autres qu'elle est avec toi, en toi, ta petite fille invisible.

Je t'embrasse de tout mon coeur, et suis en lien de pensées avec toi.
Bon courage, compte sur nous !
Solange.

 
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Angèle
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« Répondre #145 le: 09 Septembre 2010 à 14:58:35 »

"Mais non, tout est bien réel : j'ai eu un enfant, mon enfant est morte. J'en ai la preuve physique sur mon ventre avec cette cicatrice qui elle ne disparaîtra pas. Je n'ai pas rêvé... mais moi seule vit cela silencieusement. Autour, dans ce monde, ça ne se voit pas, ça n'a pas laissé de trace..."


Je rebondis sur ce que tu écrivais là, Béatrice ...
que j'aurais pu écrire aussi, moi-même. J'avais d'ailleurs écrit un post, au sujet de ma cicatrice, expliquant combien elle était précieuse pour moi, cette marque du passage de mon bébé.

Mais pour "parler" plus visiblement de mon Adèle, j'ai eu besoin, quelques temps après sa naissance, de porter son prénom sur moi. Je me suis offert un petit pendentif gravé à son nom, que je portais nuit et jour, et qui pouvait être lu par d'autres.

Puis, pour la naissance suivant la sienne, j'ai fait graver un autre pendentif, avec les prénoms de tous mes enfants. Ce fut apaisant pour moi, et l'occasion s'est ainsi souvent présentée de pouvoir parler d'elle, à ceux qui découvraient "Adèle" au milieu des autres prénoms.
Me faire des cadeaux (bijoux, fleurs, objets, livres ....)  , en son nom, m'apporte toujours un grand réconfort.

Peut-être as-tu déjà eu quelques idées de ce genre, peut-être en auras-tu plus tard .... chacun chemine à sa façon.
N'oublie surtout pas de prendre soin de toi, c'est là l'essentiel.

Tendres bisous,
Solange.
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« Répondre #146 le: 09 Septembre 2010 à 16:46:09 »

a mon tour, je rejoins Solange sur l'idée du pendentif...j'en avais fait faire deux pendant la grossesse : un pour Baptiste et l'autre pour moi avec son prénom gravé sur un médaillon en forme de petit bonhomme...je ne l'ai jamais quitté depuis le départ de mon fils...je le sens ainsi tout près de moi et effectivement, souvent les gens le regardent et m'interroge sur ce "Baptiste" et me donne une chance de faire exister mon loulou ...des petites choses qui semblent bien insignifiantes mais auxquelles on se raccroche si fort quand le chagrin est trop fort...
Virginie
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« Répondre #147 le: 11 Septembre 2010 à 12:50:43 »

Coucou Béatrice,

après cette dure période de rentrée si éprouvante pour toi, j'aimerai te souhaiter un doux week-end en famille où tu puisses souffler et te retrouver un peu....tu nous as souvent dit combien tu aimais rester chez toi, là où la présence et le souvenir de ta petite princesse peuvent enfin revenir pour apaiser la blessure de ton coeur...

alors je t'envoie un peu du soleil que nous avons aujourd'hui dans le Nord (mais pas tout.... Wink...j'ai quant même envie de m'en garder un peu  Cheesy ), pour venir t'accompagner et te réchauffer...

je t'embrasse de tout coeur
Isabelle
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
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« Répondre #148 le: 11 Septembre 2010 à 21:31:46 »

Merci Isabelle,

Ici aussi dans l'Est, le soleil était au rendez-vous pour nous réchauffer.

Je suis effectivement plus à l'aise d'être en week-end...
La pression au travail est très épouvante.
Ce qui est important pour moi, c'est de me lever tous les matins et de mettre un pied devant l'autre. L'apaisement, le sourire, l'envie, les bonheur reviendront ensuite, peu à peu, lorsque j'aurais accepté l'inacceptable, lorsque j'aurais la force de supporter l'insupportable.

Bon dimanche aussi à toi, ainsi qu'à toutes les autres mamans qui m'ont laissé de doux messages d'encouragement.
Affectueusement.
Journalisée

Béatrice
Maman de quatre princesses : Chloé 30-06-1998, Amandine 28-05-2001, Juliette 06-02-2005 et Bérénice 29-03-2010/02-04-2010 (Trisomie 18 diagnostiquée après la naissance)
Marie J.
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« Répondre #149 le: 12 Septembre 2010 à 16:39:00 »

Oui chère Béatrice, on reste avec toi.
On te porte avec toute notre amitié.

Tu as vraiment une volonté de vouloir t'en sortir.
Mais les mamans le disent si souvent, le deuil est si long et si épuisant.
Prends soin de toi, à ton rythme.

Je t'envoie toute mon affection et t'embrasse très fort
Marie
Journalisée

Marie.J secrétaire de SPAMA et bénévole
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