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chat-alors
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« Répondre #10 le: 03 Avril 2007 à 15:22:29 » |
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Quel vaste sujet que celui de l' attente d' un enfant sans avenir, enfin tout du moins avec un destin qui n' est pas celui que l' on souhaiterait ...
Une fois que notre décision à été prise, les tourments, les " montagnes russes " comme j' aime t' entendre le dire isabelle, tout ceci ne c' est pas arrêté car nous avions pris une décision
En effet une fois que le deuil d' un futur comme les autres est fait, une fois la première acceptation de la situation, une fois les décisions bien ancrées au fond de soi, il faut laissé passer le temps, continuer de voir s' épanouir son bidon, ré investir cette grossesse, ce bébé
Il faut recommencer à être enceinte, car je ne sais pas pour vous, mais pour moi durant un certain laps de temps je ne me suis plus vraiment sentie enceinte, d' ailleurs l' équipe médicale qui nous suivait alors nous avait aussi bien désinvestit de cette grossesse, de ce bébé sans avenir J' en serais arriver presque à penser même furtivement que j' avais un truc à faire enlever ... " drôle " de souvenirs ...
Puis ensuite, quand tout est enfin posé, le chemin des retrouvailles avec ce bébé est déjà bien commencé car au fure et à mesure que l' on s' achemine vers un acceuil, un accompagnement, on se réinvestit auprès de son enfant, on lui refait une vrai place à nouveau dans son coeur, dans sa vie, mais j' avoue que cela n' a plus jamais été pareil qu' avant Soit cela était par moment bcp plus fort, plus intense, soit à d' autres avec bcp plus de retenues, de pudeur, comme si ce bébé était d' une très grande fragilité, d' une extrême vulnérabilité
C' est très bizzare toutes ces sentiments contreversé, en noir et blanc comme j' aime à penser durant toute cette attente, cette fin de grossesse
Je me souviens très bien qu' il y avait de grands moments ou je n' étais qu' une femme enceinte et même parfois j' aimais faire comme si tout allait dans le meilleur des mondes auprès d' inconnus, quand on me posait des questions, je ne racontais pas la vérité, je disais juste ce que toute future maman est censé dire, date de naissance, ect, ect Ces moments là sont mes meilleurs souvenirs, ceux ou de courts instant je n' étais plus qu' une future maman bonheur et douceur
Mais il y aussi eu tous les autres, ces moments ou la réalité si je puis dire aurait pu dépasser la fiction ... ces moments ou tout en caressant ce bébé à naître je pleurais le coeur déchiré, en larmes, car je savais que justement nous n' aurions que ces moments là ...
Et il y aussi eu tout ces moments ou pour " reussir " l' accompagnement, l' acceuil, il fallait préparer le pendant et le après pour justement profiter à fond du moment de la naissance, de sa vie
Que de sentiments étranges et pourtant pas si négatifs que ça, même si franchement douloureux sur le moment, que de tél aux pompes funèbres pour préparer, se renseigner, faire faire le devis, pour ne plus avoir qu' à signer après ... prendre contact avec le pasteur pour savoir quoi et comment organiser son ultime départ à ce bb ... parler avec ces personnes de l' équipe médicale de ce moment tellement redouté, tellement inconcevable de la naissance et de la mort de notre enfant, et surtout surtout de son aspect physique ( je rappelle le contexte pour nous qui n' était pas normal puisque abscence de liquide amnio depuis la 22° SA et notre fille est née à 40 SA et 6 jours ... d' ou les doutes sur le syndrome de potter,..., sur tout en fait ... ) et surtout comment envisager le décès de son enfant alors qu' on va lui donner la vie ...
Et puis la mort ça fait peur, alors la mort de son propre enfant, que l' on va devoir regarder en face, qui va nous regarder dans les yeux, la peur de ce regard, la peur de voir souffrir, la peur de s' être affreusement trompé ...
Aujourd' hui je peux répondre à toutes ces questions qui n' ont en rien choqués mon équipe, car tellement de maman leurs avaient déjà posées, tellement de futurs paranges leurs avaient déjà demandés mais aussi prouvés tout le reste, tout ce que nous aussi avons connu
Je me rappelle la plus belle des phrases de ma SF : vous savez vous êtes de futurs parents, vous allez avoir un bébé, tout bébé à son propre destin entre les mains dès sa venue au monde, et le votre aussi " ... " mais vous savez votre bébé sait, il sait déjà tout, vous le verrez à sa naissance ... " Et mon gygy qui me disait : " vous savez tous les parents d' un ange trouve leur enfant merveilleusement beau et il en est toujours ainsi, vous verrez vous ne ferez pas exceptions ... " C' est vrai que de se l' entendre dire d' une équipe médicale en qui on à confiance, avec qui on se sent bien, cela fait du bien, et quand Isabelle m' a dit la même chose, avec en plus " tu verras au moment de la naissance, c' est magique, c' est merveilleux, il n' y aura plus que ça qui comptera, la naissance, tout le reste pssscht ... " ( en gros c' était ça l' idée n' est ce pas isabelle ) je lui répondais à elle aussi mais oui ... bien sur
J' aurais aimé les croire avant, j' aurais aimé leur faire plus confiance, j' en avais vraiment envie, mais j' avais bien trop peur ...
En même temps je me sentais coupable aussi, coupable de vouloir tout arrêter, très vite, le plus vite possible, fatiguée par tout ce long chemin sans " récompenses ", d' aller même jusqu' à réclamer une césarienne sous anesthésie générale, de vouloir que tout s' arrête, m' endormir et hop recommencer autre chose ... coupable de refuser la moindre notion de souffrance physique pour moi même, coupable de devenir la mère d' un ange ... coupable de ne pas être capable de faire de cet enfant un enfant avec un avenir, coupable de vouloir le mettre au monde peut-être égoistement, coupable même de l' avoir concu après tout ...
Que de sentiments entre mélés, que de sentiments contradictoires Car dans ces moments là venait contrebalancer à chaque caresse de mon bébé au creux de mon ventre tout l' amour que j' avais pour lui, toute notre volonté à son bien être à tout moment, à sa non souffrance à aucun instant, tout la tendresse et la passion que j' avais pour ce petit être tellement fort, tellement exeptionnel qui savait épaté, étonné même mon gygy à qui il fallait se lever de bonne heure pour lui démontrer
Les rapports aussi avec les autres enfants après l' annonce à été durs, car j' éprouvais une très mais très gros sentiments de culpabilités face à leurs douleurs, face à leurs souffrnaces, car c' est bien moi qui avait voulu ce bébé et de par là tout ce qui arrivait (aujourd' hui je n' en suis plus du tout dans ces dispositions mais il a faalu y travailler énormément )
Et puis j' ai mis bcp de temps à leur laisser toucher le ventre, sentir leur petite soeur, car je n' y arrivais pas Bon je dois avouer que durant toute cette période il n' avait de mère que l' appellation présence physique la plupart du temps Je n' étais pour ainsi dire plus là pour eux C' est en fin de grossesse, après avoir bcp travaillé avec toute mon équipe médicale et la psy que nous avons avancés ensemble et que nous nous sommes tous retrouvés Et je me souviens encore comme si c' était hier quand un dimanche matin je les ai tous appelé et que tour à tour ils sont venus posés leur tête et leurs mains sur mon ventre et que Rosa à " joué " avec eux ... cela était si forts, ils étaient tellement intimidés ... Ensuite Rosa à tjs été très stimulé par les cris, les rires et les éclats de vie de ces frères et soeur, surtout d' émanuel de 2 ans son ainé
Tout ceci ne se joue pas en quelques semaines Nous au départ nous avions, après l' annonce du problème, 20 semaines à faire avant le terme présumé ... que cela nous paraissait long, tellement long, ... et bien aujourd' hui je peux dire que paradoxalement cela à été trop rapide, trop vite, et ce mois cela fera 9 mois qu' elle nous à quitté et que malgré toute la souffrnace, toutes les angoisses, toutes les questions, toutes ces nuits pleines et peuplées de rêves étranges et fatiguants, aujourd' hui je epux dire que ce temps là me manque, que j' aimerais être à nouveau début 07/06 et que si je savais, si j' avais fait plus confiance à certaine personne, je vivrais ces derniers semaiens avec notre puce tellement à fond, pour encore plus me remplir, me souvenir ...
C' est une expérience douloureuse et effrayant que de mettre un enfant au monde pour le laisser repartir mais c' est en fait, en vrai, un moment tellement beau, tellement magique, tellement merveilleux
Je pourrais vous raconter la naissance de Rosa en détail, je pourrais vous en aprler des heures durant, mais au final je ne m' extasierais pas plus que toute maman racontant la naissance de son enfant Ce que je veux dire c' est que oui cette naissance, c' est la même que celle d' un enfant " normal ", tout redevient " normal " à ce moment là et toute la magie, le merveilleux de la naissance reprends toute sa place Et je voulais enfin rajouté que oui ma fille était merveilleusement belle, toute rose, jouflues, et avec de très beaux cheveux, un savant mélange de ses frères et soeurs, une regard merveilleux et tellement serin, une tranquillité, une sérénité, une petite fille d' amour, qui elle, à su, savait, et nous à aider, nous à entrainer, nous à montrer le chemin, et tout c'est passé très naturellement, sans souffrances, sans cris, sans pleurs, juste avec des grosses larmes remplies d' amour et de passion
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