Chère Claire,
Je n'ai pas la prétention d'apporter de solutions, juste l'envie de te partager l'expérience que je vis avec Inès.
Dès sa naissance je lui ai dit qu'elle avait une grande soeur qui était née avant elle et qui était morte et que nous l'aimions très fort. Je ne voulais pas lui cacher, cela me semblait si naturel de parler de Bertille qui faisait aussi partie de notre famille. D'ailleurs si je ne l'avais pas fait, ses autres soeurs lui auraient dit

. Je n'ai jamais employé de mots compliqués. Je lui ai parfois montré quelques photos de Bertille tout simplement parce que je les regardais au moment où elle était près de moi.
Je ne veux pas non plus faire peser un fardeau sur ses épaules, je pense plutôt que j'évoque facilement Bertille et que donc elle l'entend. Ce que j'ai remarqué c'est que depuis le décès de son grand-père qu'elle a connu, Inès me parle spontanément de Bertille et semble avoir compris qu'elle était morte comme son papi. Bien sûr elle n'a pas encore perçu le caractère irréversible de leur mort, elle me demande parfois quand Bertille va venir jouer avec elle, mais je crois qu'approcher la mort de son grand-père l'a peut-être aidée à mieux appréhender à son niveau ce que pouvait être la mort.
Ce qui compte pour moi, c'est de parler de Bertille à Inès sans me montrer triste et de manière naturelle .Si l'enfant sent ses parents sereins lorsqu'ils évoquent l'enfant disparu, qu'ils ne pleurent pas à chaque fois qu'ils en parlent je ne crois pas que cela puisse le perturber outre mesure. C'est mon avis, je peux me tromper mais jusqu'à présent Inès n'est pas malheureuse lorsqu'elle me parle de Bertille et ne semble pas perturbée.
Voilà l'expérience que je voulais te partager. D'autres mamans viendront sans doute t'éclairer.
Bises à toute ta famille,
Bénédicte