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francoise
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« le: 25 Mai 2009 à 22:56:28 » |
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Bonjour les mamans et aussi les papas !
Je voudrais parler d'un autre sentiment qui m'apparait clairement ces derniers mois, et qui explique aussi en partie pourquoi je viens moi souvent sur spama : l'étape de la conquête d'un nouvel égo.
Je trouve que la perte de ma fille m'a fait perdre sur le moment une grande part de ma confiance en moi, comme si le fait de n'avoir pas pu sauver ma fille ou de n'avoir pas su faire un bébé en parfaite santé avait écorné l'image de bonne mère que je tentais de construire depuis que j'étais maman. Et puis toute cette fragilité que le chagrin et le deuil a fait émergé en moi, le sentiment de ne plus pouvoir contrôler mes propres émotions, de subir totalement les aléas de ce chagrin qui me tombait dessus sans prévenir...
ça a beaucoup altéré l'image que j'avais de moi même, alors qu'auparavant je trouvais que j'avais une certaine force de caractère et aussi beaucoup de chance dans la vie. Je me suis sentie comme fauchée en plein élan, le souffle et les jambes coupés. j'avais peur de beaucoup de choses, et dans ma vie de femme je ne me sentais plus capable de relever des défis, je me trouvais assez inintéressante.
Alors voila, je voulais juste témoigner que ce deuil nous coupe les ailes, mais qu'elles finissent par repousser si on prend le temps, si on est patient et indulgent avec soi-même, et aussi si on ose à nouveau, le moment venu, se lancer de nouveaux défis. Personnellement c'est passé par le plan professionnel mais j'imagine que cela peut prendre n'importe quelle autre forme de projet. Je vois ici sur Spama beaucoup de mamans qui ont de nouveaux projets personnels ou professionnels et je crois que c'est par là que passe le chenmin de la reconstruction de soi. Et vous les papas, sans doute est-ce aussi sous une forme différente ?
Oser à nouveau, affronter sa peur, réussir du premier coup ou se planter mais rebondir, ne pas lâcher, y croire, vouloir gagner. C'est un formidable chemin de vie qui repart. ça signifie aussi retrouver une forme d'ego, peut être même de l'egocentrisme, mais c'est un mouvement qui me semble vital et finalement extrêmement positif. Difficile d'assumer de penser à soi quand on a appris à donner pour son petit bébé tant aimé et perdu. C'est comme se construire un nouveau soi, bien dans ses baskets grâce à une source d'apanouissement renouvellée, neuve, fraiche.
Jamais nos petits ne disparaissent dans cette nouvelle source, ils en sont même la raison profonde de son nouveau jaillissement, plus vif, plus décidé, plus vrai. Mais c'est accepter de naître à un nouveau soi-même, à l'aimer et à lui faire confiance pour qu'il entreprenne de nouvelles choses.
Durant cette période on a besoin parfois de mettre à distance le deuil et le groupe auquel auparavant on s'identifiait tant : besoin de se distinguer, de ne plus se laisser recontaminer par le chagrin, faire l'autruche, besoin d'oublier que le malheur continue à toucher de nouveaux bébés et de nouvelles familles. Incapacité à trouver les mots de réconfort, à se projeter dans les sentiments des autres tant on a besoin d'en trouver et d'en ressentir de nouveaux, 100% positifs, 100% battants pour rassembler son energie créatrice.
Chères mamans et chers papas de spama, je vous souhaite de tous trouver ce chemin là un jour, à chacun selon son rythme, son temps, son histoire. Je voulais juste apporter à tous ceux qui sont dans l'ombre aujourd'hui la certitude que la lumière en soi ne s'éteint jamais vraiment. C'est juste comme un feu endormi qui pourra repartir avec une immense vigueur le moment venu. Nos chers bébés soufflent en secret sur ces braises, ils sont nos plus fidèles gardiens du feu.
Si certains se retrouvent dans ce sentiment, je serai heureuse de le partager. Je vous embrasse Françoise
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