Soins palliatifs et accompagnement en maternité
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Auteur Fil de discussion: En parler avec les autres enfants...  (Lu 4962 fois)
isabelle
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« Répondre #15 le: 02 Décembre 2007 à 14:14:43 »

Bonjour Anne,

c'est un sujet délicat, celui des ados...
déjà dans la vie ordinaire, ils sont déroutants...alors à plus forte raison dans cette situation

autant les petits sont plus spontanés dans leurs réactions, autant les ados ont des freins intérieurs, surtout face à leurs parents, pour exprimer leurs sentiments, leurs émotions...

je voudrai te rassurer sur un point: tes enfants n'ont pas oublié ce petit frère...et ils ne l'oublieront jamais...tu dois en être certaine...
seulement, ils n'ont pas eu la même relation avec lui que toi...d'où la différence dans l'expression de leur chagrin...

il me semble qu'ils ont surement besoin de repartir dans leur vie ordinaire....de se sentir de nouveau plus légers face à leur vie à eux qui est pleine d'attente et d'espèrance...c'est bien normal...

un jour c'est ce que m'a fait comprendre ma fille ainée en me disant : "c'est ton chagrin, maman..."
et elle avait raison,
c'est surtout une profonde douleur maternelle que nous avons à porter...il ne faut pas leur en vouloir, c'est la réalité de cet évènement...
si Tristan avait vécu longtemps avec vous...les choses seraient différentes, je pense....

je crois que tes enfants ont un immense besoin de toi...dans ce qui fait leur vie à eux aujourd'hui...
du moins pour l'instant...
peut-être peux-tu essayer de  parler à Juliette de ce qui l'intéresse, de ce qui est pour elle important...

plus tard, ils reparleront de Tristan , tu peux en être certaine...mais peut-être pas encore aujourd'hui...

avec les pré-ados et ados...il ne faut rien forcer...juste être à leur disposition...mais je sais combien cela peut-être difficile surtout quand on est si mal soi-même...

Viens sur le forum nous parler de Tristan...nosu pouvons partager avec toi tout ce qu tu souhaiterais nous confier...

Courage à toi sur cette route difficile
je t'embrasse de tout coeur
Isabelle
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Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
nathalie
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« Répondre #16 le: 23 Octobre 2008 à 09:42:35 »

Je n'ai rien caché de la grossesse à mes enfants, ni la maladie, ni le handicap, ni cette mort suspendue qui pouvait survenir n'importe quand. marie aimée repartirait sans doute à son moment, nous avons du vivre sans le connaitre, ça n'a pas été facile, ça n'a pas non plus été aussi difficile que ce que l'on pourrait imaginer.
Dans notre famille, nous n'avons pas abordé le sujet tabou de la mort à l'occasion du décès du poisson rouge ou du vieux chat malade, chez nous, nous avons du parler de la mort en parlant de la vie, nous avons du associer naissance et décès, nos enfants savent que l'on peut mourir n'importe quand et à n'importe quel âge. Ca non plus, ça n'a pas été facile, à l'âge où les chagrins s'articulent autour des devoirs que l'on n'a pas envie de faire ou de la grande soeur qui a le jouet avec lequel on veut jouer.
chez nous on a appris ce que c'est que le chagrin, ce que c'est que la douleur, au delà des mots, mais on n'a pas appris que ça, on a aussi appris à aimer, à se réjouir, à vivre, on a appris aussi tout ce qui est offert pour supporter toute cette douleur, pour ne pas mourir de douleur.
on a appris à quel point les moments de réjouissance sont précieux,
on a appris à croire
à aimer au delà de la présence physique.
Chez nous, nous parlons d'âme, de grâce, de corps si léger une fois libéré,
Chez nous, nous savons aussi que la mort est seulement douloureuse pour ceux qui restent, pas pour ceux qui partent, ....
Chez nous les enfants vont bien parce que nous avons parlé avec eux, et j'espère de tout coeur que vivre avec leur soeur morte leur permettra d'être des adultes plus sensibles et meilleurs
nath
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