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Tiloue
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« le: 03 Juin 2008 à 21:28:32 » |
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Il est 2h30 du matin, je suis à nouveau très loin de chez moi, et là, toute seule dans ma chambre d'hôtel, un gros coup de cafard m'envahit. Je pense à mon petit Calixte, qui me manque de plus en plus, alors comme me l'avait proposé Isabelle, il y a quelques mois de cela, je me décide enfin à ouvrir ce post pour venir y déposer ma tristesse, lorsqu'elle est trop lourde à porter.
Calixte,
En ce début d'année, au mois de février, Dans mon ventre s'est installé un tout petit bébé. Quelle magnifique cadeau nous fait Dame Nature, Nous entrainant avec bonheur dans cette nouvelle aventure.
Tu allais devenir notre troisième garçon, Aussi nous sommes-nous mis en quête de ton prénom. Et parmi une petite liste définie, C'est Calixte qui nous a séduit.
Mais très vite pour nous tout s'est écroulé, Quand, à l'annonce de ta petite vie condamnée, Nous avons alors péniblement réalisé, Que sans toi il nous faudrait continuer.
Puisque la possibilité m'a été donnée, De te garder encore un peu parmi nous, J'ai décidé de te faire partager, Notre vie et tout notre amour.
Bien sûr tous les projets que je m'étais plue à faire, Entourée de Marceau et Clément, tes frères, N'ont subitement plus eu d'avenir, Puisque tu serais amené à partir.
Oh combien de nuits ai-je passé à pleurer, En pensant à ce jour où tu me serais arraché, En me préparant à ton si cruel départ, Qui me plongerait dans le désespoir.
Mais avant tout que de merveilleux moments tu m'as donnés, A apprécier tes petits coups de pied, A te sentir grandir en moi, Surtout, surtout, ne rien perdre de ces instants là.
Le jour de ta naissance est finalement arrivé, Et après vingt minutes de bonheur partagé, Doucement, sereinement, entouré de nos bras, Tu t'en es allé vers l'Au-Delà.
Je sais que Là-Haut tu seras accueilli, Par ceux qui avant toi, ont quitté notre vie. Va mon fils, va-t'en serein, Puisqu'il en est ainsi de ton destin.
Mais saches mon tout-petit qu'ici-bas, Marceau, Clément, Maman et Papa, Garderont en eux ces neuf mois de bonheur, Et te porteront à jamais dans leur coeur.
Mon bébé, si peu de gens t'auront connu, Mais je demande quand même à ceux qui ne t'ont pas vu, De t'aimer un peu, de ne pas t'oublier, Car pour nous, Calixte, tu as bien existé.
Et maintenant que faire mon amour ? La vie certainement va reprendre son cours. Sans qu'aucunement ton souvenir ne s'efface, Les choses doucement reprendront leur place.
Ton papa, si discret dans sa souffrance, Mais dont la douleur n'en est pas moins intense, Continuera inlassablement de croire en la vie, Qui ne lui a pourtant pas toujours souri.
Quant à moi, mon ange, mon petit coeur, Je me force à croire en de jours meilleurs, où enfin apaisées, cette colère et cette tristesse, laisseront place à une infinie tendresse.
Je pourrai alors avec le sourire, Evoquer précieusement ton doux souvenir, En me remémorant avec légereté, Ces neuf mois durant lesquels je t'ai porté.
Calixte, mon fils, un jour viendra, Où à ton tour, La-Haut, tu m'accueilleras. En attendant je te souhaite désormais, De reposer en paix.
Maman
Petit hommage pour mon bébé, que ma voisine, qui m'a beaucoup soutenue pendant la grossesse a eu la gentillesse de lire pour les obsèques.
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