Bonjour Nath,
c'est vrai que l'expresion faire son deuil, ça ne passe pas...comme si on pouvait se dire , je vais aller faire cette tache...je vais m'y mettre...
ça ne passe pas, d'abord parce que tout cela est beaucoup plus subtil et infiniment intime...
ça ne passe pas, ensuite parce qu'aujourd'hui on a banalisé cette expression et on l'utilise pour tout...c'est vrai que chaque jour est un petit renoncement à 1000 choses de la vie courante...mais à tout mélanger, on banailise la notion de deuil....
et là ça passe encore moins...!!!
Parce que ce deuil nous touche dans la personne que nous avons portée, dont nous avons le souvenir intérieur en notre corps, dont nous portons la trace ....
alors on ne se sépare pas ainsi de celui à qui l'on a donné la vie par amour....comme on peut renoncer à une idée, à un projet...
Non seulement, il y a une différence de degré, mais il y a surtout une différence de nature...
Apprivoiser l'absence d'un autre que soi-même nous touche dans notre propre humanité...
la notion de travail fait néanmoins référence à quelque chose de juste...à savoir ce cheminement intérieur qui nous travaille au coeur de nous même, pour nous aider à recoller les morceaux, pour nous permettre de se reconstruire...
alors peut-etre devrait -on dire... je suis en travail de deuil...

mais ce n'est pas l'idéal non plus...
le mot travail n'a pas la finesse et la subtilité suffisantes pour dire ce qui en enjeu dans notre être tout entier...
on poursuit la réflexion ensemble...
et je reviendrai sur ton exemple de la fausse couche...et de l'idée de projet...
Bonne journée à toi
Isabelle