Soins palliatifs et accompagnement en maternité
21 Mai 2012 à 22:40:09 *
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles: Pour revenir sur le site de l'association SPAMA, http://www.spama.asso.fr
Si ceci est votre PREMIERE VISITE, nous vous invitons à lire notre message de BIENVENUE.
"MAIN dans la MAIN", c'est la belle devise de notre forum !
 
   Accueil   Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous  
Pages: [1] 2 3 ... 10
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: Thibault  (Lu 12292 fois)
noisette
Hero Member
*****
Messages: 880



« le: 14 Octobre 2007 à 22:54:12 »

Bonjour à toutes les mamans,


Tout d’abord merci pour vos messages dans les différentes rubriques du Forum. Aujourd’hui, après la frénésie des derniers jours, je vais essayer d’écrire l’histoire de Thibault, pour vous la faire partager bien sur mais aussi parce que j’ai besoin de poser par écrit tout ce qui s’est passé depuis maintenant plus d’une semaine. Depuis la naissance de Thibault nous avons un peu vécu dans l’activisme, peut être pour ne pas penser mais aussi parce que, comme Thibault est arrivé beaucoup plus tôt que nous l’attendions, nous n’avions absolument rien prévu.

Thibault était un bébé vraiment désiré. J’avais déjà fait une fausse couche au mois de décembre à 8 SA après une très forte fièvre dû à une grippe, (Quoiqu’en dise la plupart des personnes, pour nous, ce premier bébé est notre enfant, au même titre que Thibault, même si nous avons bien sur beaucoup moins de souvenirs avec lui).

Nous savions depuis la 20 SA qu’il ne pourrait pas vivre à sa naissance, et bien que dans un premier temps nous avons vraiment espéré pouvoir le sauver, nous avons ensuite accepter cette réalité et décider de l’accompagner le mieux possible pendant sa petite vie sachant qu’il pouvait très bien décédé pendant la grossesse ou l’accouchement
Mardi 2 octobre, j’ai fait une échographie. Le diagnostic bien sur n’avait pas changé mais l’échographe à plutôt rajouter « des problèmes » à la liste.
Notre bébé avait un retard de croissance de 3 semaines, la mégavessie avait atrophié ses reins, et engendré une fragilité du cœur. On ne pouvait de plus pas voir si s’était une fille ou un garçon à cause de l’absence de liquide (nous aurions bien aimé le savoir, pour l’appeler et se préparer à sa venue). De plus l’absence de liquide engendrait le fait que ses poumons ne pouvaient pas se développer (ça nous le savions depuis plusieurs mois déjà).
Pour lui, il était très peu probable qu’il naisse prématuré.

En rentrant à la maison, comme après chaque examen médical, j’étais désespérée. Allongée sur mon lit je pleurais, inconsolable avec ma main sur mon ventre. A ce moment là j’ai senti que mon bébé venait très nettement s’y coller comme pour me consoler, comme pour m’apporter cette force nécessaire pour continuer à le porter.

Depuis quelques semaines, nous avions pris un premier rendez vous pour une préparation à la naissance par haptonomie. Au 7° mois, c’était un peu tard mais la sage femme que j’avais eu au téléphone avait de suite accepter quand je lui avait expliquer le cas de notre bébé.
Le premier cour (et le seul que nous avons pu faire) eu lieu le jeudi 4 octobre. Pour une fois cela changeait des examens médicaux. Elle nous a dit que nous faisions réellement un cadeau à notre enfant en l’accompagnant dans sa petite vie. Elle a trouvé notre enfant très communicatif et cela m’a réellement fait plaisir d’entendre, enfin des compliments sur lui. Cela met un peu de baume sur mon cœur de maman éprouvée.

Samedi 6 octobre, alors qu’avec mon mari nous étions en train de nous demander, une heure avant ce que nous allions faire l’après midi, je me suis mis à perdre du sang (je n’avais pourtant pas vraiment de contractions). Départ donc précipité vers la clinique. Une fois encore j’étais en larme. Je n’étais absolument pas prête à sa venue que ce soit sur le plan matériel (je n’avais même pas un pyjama pour lui) que sur le plan humain.
Pourtant curieusement, une fois arrivé à la clinique et prise en charge par l’équipe médicale sur place, je m’apaise, me sentant bien entourée.
Un choix s’offre alors à nous. Stopper le début d’accouchement, grâce à une perfusion, ou laisser le cours naturel des choses se faire. Avec mon mari nous hésitons, nous ne sommes certes pas prêt pour sa naissance, mais depuis que nous avons appris la malformation, nous avons décidé de laisser faire la nature. Finalement nous optons pour que les choses se passent naturellement. Notre enfant sera donc un grand prématuré.

 Pendant les quelques heures du travail nous nous préparons à cette arrivé, si brusque. Contrairement à tout ce que j’imaginais avant, je suis sereine et j’attends avec impatience sa venue pour pouvoir le regarder. En accord avec le médecin et la sage femme, nous décidons de ne pas brancher le monitoring afin de ne pas me stresser pendant l’accouchement (A chaque contraction, le rythme cardiaque de notre bébé diminue très fortement). Je ne suis plus inquiète de savoir si il sera mort ou vivant car j’ai expliqué à la sage femme et au médecin que quelque soit le cas, je veux le serrer dans mes bras et je ne veux surtout pas qu’on l’emmène en réanimation.

Je demande une péridurale afin d’être le plus détendu possible pour son arrivé. A 16 h 40, je le sens commencer à descendre. J’appelle la sage femme et le docteur. A 16 H 50, il est là vivant, son cœur bât tout doucement mais il bat. Son papa coupe le cordon ombilicale et on me donne ce petit être tout fragile. C’est un garçon, nous l’appelons Thibault. Il pousse quelques petits cris, essayant de respirer. Je suis submergée par l’émotion. C’est ma première naissance, je n’arrive pas à croire que ce tout petit bout d’homme sort de mon ventre. Je suis trop émue pour parler et en même temps je suis réellement contente qu’il soit vivant et qu’il sente son papa et sa maman. Aucune tristesse ne me traverse pendant cette petite heure de vie avec lui. Je ne peux rajouter grand-chose sur mes émotions à ce moment là, je passe mon temps à le caresser pendant que son papa l’inspecte sous toutes les coutures, pour bien se rendre compte que c’est son fils. Nous sommes vraiment heureux. Il est magnifique…petit certes mais si joli, il a les cheveux tout frisés de sa maman et le nez de son papa.

1 heure après la sage femme revient pour constater le décès, mais nous lui demandons de garder notre fils encore un peu avec nous. Nous l’habillons grâce à un petit pyjama que ma mère nous a apporté et nous le serons contre notre cœur conscient que ces moments là sont précieux et en nous rendant compte qu’on va bientôt nous l’enlever.
Cependant pendant ces 2 heures où nous l’avons eu avec nous, nous étions en paix. Nous avions le sentiment d’un accomplissement. L’équipe médicale nous a d’ailleurs dit qu’elle avait été impressionnée par notre sérénité.
La douleur, la tristesse et le désespoir sont venus après. Je n’arrivais pas à me rendre compte que notre enfant était né et déjà mort. La nuit qui a suivie, je rêvais qu’on me l’avait enlevé mais qu’il était vivant, et dans mon rêve, j’essayais de dire au médecin qu’il était vivant qu’il ne fallait pas qu’on me le prenne, je me suis réveillée en sursaut, en larme, me demandant si mon fils avait souffert avant de mourir. Mon mari avait bien du mal à me consoler. Ce n’est que le lendemain, lorsque je l’ai revu que je me suis apaisée. Je me suis rendu compte qu’il était vraiment mort. La petite étincelle de vie avait disparu de son visage pourtant, il était calme, tranquille comme ci il s’était endormi dans la paix.

Je vais arrêter mon récit ici pour ce soir, car la suite c’est les sentiments qui me traverse depuis 1 semaines, depuis son départ et toutes les démarches qui ont suivies…et j’aurais vraiment trop à raconter pour un seul message.
J’ai conscience que les mots que j’écris ne retranscrivent très peu les émotions que j’ai ressenties à ce moment là mais certaines émotions ne peuvent simplement s’écrire avec des mots. Je pense cependant que vos cœurs de mamans comprennent tout cela.
En tout cas pour cette petite heure de vis, je ne regrette rien de notre choix…et aujourd’hui malgré la tristesse je dis merci à mon fils d’avoir vécu, merci pour ce moment là !!!

Claire
« Dernière édition: 15 Octobre 2007 à 14:50:06 par noisette » Journalisée

Claire, maman de Thibault (né le 6 octobre 2007 et décédé 1 heure après), et d'une petite Lucie, née le 28 septembre 2008
isabelle
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 4211


« Répondre #1 le: 15 Octobre 2007 à 10:04:59 »

Bonjour Claire...

je suis vraiment très émue de tout ce que tu viens nous raconter...

ta relation avec ton bébé pendant ta grossesse
ton premier cours d'haptonomie... et sa réaction à cette prise de contact...
cette naissance avec ce temps passé dans la sérénité autour de ton petit Thibault, dans une bulle d'amour, dans un temps suspendu où les minutes ont valeur d'éternité...

Ta paix et ta sérénité ne m'étonnent pas...même si elles surprennent toujours les soignants...nous avons toutes connues ce sentiment très vrai de plénitude autour de notre tout-petit...

Bien sûr, cela ne va pas nous éviter la violence de la séparation, la douleur si profonde de notre deuil...mais tu vas pouvoir t'appuyer sur tes souvenirs de ce temps passé avec lui, sur cette force d'amour que tu as connue avec Thibaut...ce sera ton socle, la fondation de ton deuil...et il faut souvent y revenir dans notre mémoire quand la douleur nous emporte...

Et puis, nous sommes là pour toi, pour t'accompagner dans ce chemin que tu découvres aujourd'hui...
Il ne faut pas hésiter à venir chercher de l'aide...cela est souvent très précieux alors qu'on aurait parfois plutôt envie de se reroqueviller sur soi...quand la souffrance est trop forte

Courage à toi, petite maman...
de tout coeur avec toi
Isabelle
« Dernière édition: 15 Octobre 2007 à 15:40:56 par isabelle » Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
Bénédicte
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 3304


« Répondre #2 le: 15 Octobre 2007 à 14:23:30 »

Bonjour Claire,

Je suis bouleversée par la tendresse et la serenité qui émanent de ton histoire avec Thilbault. Je trouve merveilleux ces instants privilégiés que tu as eu avec ton fils; comme tu le dis si bien les mots sont bien  pauvres par rapport à l'intensité de ce que nous vivons alors, par rapport à l'intensité de cet amour donné et reçu en quelques minutes.
Et puis tu exprimes aussi tout ce besoin que tu as eu de garder ton enfant auprès de toi alors qu'il était déjà mort, comme pour mieux mémoriser chaque détail de son corps dans tes pensées et  graver Thibault définitivement dans ton coeur. Ce sont des moments précieux qui nous permettent de nous réapproprier notre enfant malgré la mort et profiter encore de sa présence.

Merci Claire de nous partager avec autant d'authenticité tous ces moments passés avec Thilbaut. Ton message est aussi un beau témoignage qui pourra peut-être apaiser  un peu d'autres mamans( je pense notamment à Nathalie) car tu exprimes bien cette sérenité qui t'a habitée alors que cette naissance était finalement assez précipitée.

Je t'embrasse et pense bien à toi en ces jours plus difficiles,
Bénédicte
Journalisée

Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril  et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
Lucy
Invité
« Répondre #3 le: 16 Octobre 2007 à 17:21:42 »

Bonjour Claire,
Je suis toute émue de lire ton histoire. Cela me rappelle tellement celui de Lucas. Après les mois d'angoisse pendant la grossesse j'étais beaucoup plus sereine et confiante lors de l'accouchement.  On sait que le temps compte et qu'on doit profiter de chaque seconde. Et ce merveilleux cadeau de vie, si courte soit elle, nous aident après, même si le chemin est très long et accidenté.
Je pense souvant à toi et j'espère que la journée du jeudi dernier s'est passé comme vous l'avez souhaité.
Je t'embrasse
Lucy
Journalisée
noisette
Hero Member
*****
Messages: 880



« Répondre #4 le: 17 Octobre 2007 à 11:39:47 »

Merci Isabelle, Bénédicte et Lucy pour vos messages. Vos paroles sont un peu un baume sur mon cœur de maman si éprouvé.

Voici la suite de l’histoire de Thibault, où plutôt maintenant c’est notre histoire qui continue sans lui…même si il a une énorme place au fond de notre cœur.

Nous avons décidé d’enterrer Thibault à Foix, là où habite mes parents. En effet avec mon mari nous ne sommes pas installé dans un endroit fixe, et nous souhaitions pouvoir retourner souvent sur sa petite tombe.

Actuellement nous habitons à Toulouse, à 1 heure de Foix, ce n’est donc pas trop loin pour retourner voir notre petit bout de chou.

Les démarches qui ont précédés sont enterrement ont été épuisante car nous voulions nous occuper nous même de beaucoup de chose pour faire un dernier cadeau à notre enfant et rien n’était près, sa naissance étant arrivé tellement vite. Pompe funèbre, rencontre avec le prêtre pour la messe, fleurs, églises…et puis faire part de naissance…

Nous avons décidé d’enterrer Thibault dans le carré des anges. Au cimetière de Foix cette espace est dédiée aux jeunes enfants morts né, ou mort à la naissance. Il s’agit d’une concession pour 30 ou 50 ans, comme les autres concessions mais de 1 m2 seulement.  Le carré des anges étant tout nouveau, sa tombe est juste la deuxième. L’avantage de cette endroit est qu’il est un peu à l’écart et donc on peut s’y recueillir facilement. (Le cimetière étant dans la campagne, il y a même des chevreuils qui sont passé sous notre nez, juste devant sa petite tombe)
Nous avons préparé nous même la messe de l’enterrement avec le prête qui nous a préparé au mariage, ce qui nous a permis de choisir les textes que nous voulions lui donner en guise de dernier adieu.

La journée du Jeudi fut très éprouvante pour moi. Particulièrement la fermeture du cercueil et la mise en terre. Nous avions déjà revu son petit corps (nous sommes allé le voir tous les jours depuis son décès) mais de savoir que c’était la dernière fois que je le voyais et pouvais le serrer dans mes bras…Un des moments le plus dur fut la mise en bière. Voir ce petit cercueil et mon petit Thibault couché dedans en guise de berceau !!! Avec son papa, nous lui avons écrit chacun une lettre que nous avons disposé avec lui ainsi que des photos, de nous deux et de nous trois. Lorsque le cercueil a été refermé, c’est comme si une épée transperçait mon cœur.

Nous voulions, pour son enterrement être en petit comité. Seul la famille proche était là. J’ai passé la messe à pleurer…mais la sollicitude des personnes présentes, de celles qui nous ont envoyé des fleurs et des personnes qui sont juste passé dans l’église pendant l’enterrement m’a beaucoup touché. A l’image de ce SDF, qui est entré, pendant la messe, c’est installé au premier rang, à toucher le cercueil et s’est mis à pleurer avant de repartir.
Tout cela me fait dire, que la vie de mon petit Thibault si courte soit elle n’aura pas été inutile. D’abord et c’est le plus important il me semble, elle aura grandement ouvert mon cœur et celui de mon mari et puis elle a également touché beaucoup d’amis qui nous ont envoyée des très jolis messages (je vais en mettre quelque uns dans le coin du souvenirs) que j’aime à relire lorsque je me sens seule et déprimée.

Son papa a pu porter son petit cercueil, il était très fier de porter son fils pour la dernière fois, entre l’église et le corbillard et du corbillard jusqu’à sa petite tombe. Avant de reboucher la tombe, chaque participant a déposé une dernière rose sur son cercueil avec un petit mot pour Thibault qu’ils avaient écrit où il pouvait mettre tout ce qu’il avait sur le cœur.

Le lendemain de l’enterrement, nous sommes revenu pour arranger sa petite tombe. Mon mari a construit un petit bac que nous avons rempli de gravier blanc sur lesquelles nous avons posé toutes ces fleurs. Cela ressemble à un bouquet géant plus qu’à une tombe mais elle est à l’image de ce que nous souhaitions, un petit coin de paradis qui nous rappelle celui où j’espère qu’il nous attend.

Aujourd’hui nous sommes rentré chez nous, et je ne peux malheureusement pas aller aussi souvent que je le souhaite pour lui rendre visite mais il occupe toute mes pensées. J’aime à regarder les photos de sa naissance et nous trouvons que c’est un magnifique bébé et que contrairement à ce que nous avais dit certains médecin, l’absence de liquide à certes retarder sa croissance mais n’a pas aplatit son visage. C’est un bébé magnifique (je dit sa sans doute un peu parce que c’est le mien mais aussi parce que je le pense vraiment) et je ne regrette rien de ces douloureux mois de grossesse depuis l’annonce du diagnostic. Aujourd’hui je garde même un bon souvenir des moments où j’ai pleuré pour lui…et écrire son histoire me fait beaucoup de bien.

Et j’ai peur de l’oublier. Je n’ai certes pas peur d’oublier sa naissance mais j’ai peur d’oublier certains petits moments magiques passés avec lui, d’oublier son petit visage, je veux dire le souvenir véritable que j’en ai pas celui des photos, d’oublier l’émotion que j’ai ressenti quand je l’ai découvert, le bonheur de voir son petit corps... (Les photos ne transmettent pas les sentiments, ni les émotions)

Je vous embrasse bien fort et vous remercie de votre soutien

Claire
Journalisée

Claire, maman de Thibault (né le 6 octobre 2007 et décédé 1 heure après), et d'une petite Lucie, née le 28 septembre 2008
Bénédicte
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 3304


« Répondre #5 le: 17 Octobre 2007 à 14:50:00 »

Bonjour Claire,

Je suis très émue en lisant ton message.Tous ces moments douloureux nous rappellent forcément les derniers moments véçus avec notre propre bébé.

Je suis particulièrement sensible à ces derniers gestes que tu as fait pour Thibault, notamment ces deux lettres que vous avez déposées dans son cercueil, ainsi que quelques photos comme si, il emportait avec lui un peu de votre amour. Plusieurs mamans sur le forum ont pensé à ce dernier geste et je trouve la symbolique très forte.

Tu  dis également que la vie de ton petit bonhomme n'a pas été inutile et qu'elle a agrandit ton coeur et celui de ton mari. C'est le cadeau de nos bébés qui sèment des petites graines que nous n'avons pas fini de découvrir. Malgré le chagrin qui nous habite, ces petites graines finissent par germer et dilatent encore plus notre coeur... Personnellement, je le ressens encore plus aujourd'hui!

Quant à cette peur d'oublier les souvenirs les plus infimes, je n'ai trouvé que l'écriture pour éviter cela. J'ai relaté sur deux cahiers toute la vie de Bertille. D'une part par peur d'oublier (mais on n'oublie pas l'essentiel) et d'autre part pour mes enfants, pour qu'ils puissent plus tard mesurer toute la place qu'elle a pris dans notre vie et faire mémoire de ce qu'ils ont véçu avec elle ,ou pour  apprendre à la connaitre ( je pense à ma dernière fille qui ne l'a pas connue).


Je t'embrasse bien fort,
Bénédicte
Journalisée

Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril  et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
isabelle
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 4211


« Répondre #6 le: 18 Octobre 2007 à 07:53:23 »

Bonjour Claire,

je ne veux pas partir ce matin sans te laisser un petit message...

juste pour te dire qu'on ne les oublie pas, nos bébés...c'est sûr...

seulement l'énorme violence de ton chagrin va finir, avec le temps et la patience, par s'adoucir...

mais toute ta vie, tu te souviendras de ce que tu as vécu auprès de lui...

Courage à toi
je t'embrasse
Isabelle
Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
francoise
Hero Member
*****
Messages: 638



« Répondre #7 le: 19 Octobre 2007 à 12:19:05 »

Bonjour Claire

je t'avais écrit hier dans un autre post et je découvre ton message. Que de douceur, d'amour et d'émotion à la lecture de vos tous derniers gestes pour ton petit Thibault, j'y ai retrouvé beaucoup d'écho à ce que j'avais vécu.

Tu as si bien compris combien ces moments de l'adieu aussi sont importants et peuvent porter en eux encore et encore de l'amour. Je peux t'assurer qu'ils vont être doux à ton coeur tout au long de ton chemin désormais, et ce que vous avez pu partager à ce moment là avec tous vos proches est vraiment un ciment précieux pour que Thibault continue à vivre dans leur coeur aussi.

Je t'embrasse
Françoise
Journalisée

Maman de Quentin (né en 2004), Adèle petite étoile que nous avons accompagnée jusqu'au matin de son 10ème jour (hypoplasie cardiaque découverte à 22SA, née le 29/8/2006 et décédée le 7/9/2006), Thomas (né en 2007) et Baptiste (né en 2012).
isabelle
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 4211


« Répondre #8 le: 23 Octobre 2007 à 13:07:15 »

Bonjour Claire....

je pense tous les jours à toi...car je sais que tu traverses des temps très douloureux...ces toutes premières semaines sans nos tout- petits...

où on se demande ce que l'on fait sur terre...
comme un peu anesthésiées par cette douleur...
comme si on avait perdu le sens de la vie...

tu dois peut-être te sentir paumée, à côté de la vie, sans avoir aucune envie de la reprendre...

Courage pour tous ces moments si douloureux...
nosu sommes avec toi sur cette route et nous ne te lachons pas la main...

de tout coeur avec toi
Isabelle
Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
noisette
Hero Member
*****
Messages: 880



« Répondre #9 le: 23 Octobre 2007 à 15:49:50 »

Bonjour

Merci Isabelle pour ton message... il décrit tout a fait ce que je ressens.

Je trouvais jusqu'à présent que j'accusais bien le choc, mais depuis samedi, les 15 jours de son départ, je me sens tellement triste

Je me sens vide, Thibault me manque tellement, physiquement parlant, J'aurrais besoin de sentir ces coups de pieds, sa présence...je pense a lui tous les jours, toutes les heures

Je n'ai envie de rien. Pour moi la vie n'a plus de sens et j'ai vraiment du mal à accuser le coup. La moindre reflexion me fait fondre en larmes De plus notre situation matérielle n'est pas évidente en ce moment, ce qui n'arrange rien.

Nous étions de sept 06 à Juillet 07 en mission humanitaire en Syrie et nous devions repartir normalement en sept 07 pour une nouvelle mission pour encore une année mais apprenant ce qu'il arriveait à Thibault nous avions décidé de rester en France pour l'accueillir...c'était pour nous comme un nouveau but, l'attendre, l'entourer d'amour...Maintenant qu'il est venu et partie, je n'ai pas de but, j'ai seulement un sentiment d'échec.

Echec par rapport à lui, même si je sais que ce n'est pas de ma faute, echec par rapport aux enfants (avant lui, j'ai fais une fausse couche), échec par rapport à nos mission, et à la disponibilité de deux ans que nous nous étions donné pour partir aider les autres et enfin echec par rapport à moi même car je sais plus très bien où j'en suis.

Mon mari étant au chomage et à la recherche d'un travail et moi je en congé maternité, nous n'avons pas vraiment de rytme de vie et je pense que c'est encore plus dur de la reprendre. Nous sommes tous les deux très tendu et je pense que je dois être particulièrement désagréable à cause du départ de thibault

De plus nous sommes maintenant en train d'accuser en même temps le coup du retour de Syrie.

En fait, j'ai l'impression que ça fait beaucoup trop pour mes épaules en ce moment.

Claire
 


Journalisée

Claire, maman de Thibault (né le 6 octobre 2007 et décédé 1 heure après), et d'une petite Lucie, née le 28 septembre 2008
Bénédicte
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 3304


« Répondre #10 le: 23 Octobre 2007 à 16:38:58 »

Bonjour Claire,

Que de poids pèsent sur tes épaules. Tout est si lourd à porter pour toi. tu te sens responsable de ces multiples problèmes et tu as l'impression de vivre une somme d'échecs successifs.
Pourtant Claire, tu ne dois pas douter de ta valeur, ni de ton coeur immense qui a su accompagner ton petit Thibault . Tu as pris toutes les dispositions même celle de renoncer à cette mission en Syrie pour accueillir au mieux ton trésor . Tu ne dois pas te sentir coupable de tout cet enchaînement que tu vis aujourd'hui. Ta douleur est immense et ce chagrin intense, ce goût à rien est caractéristique de ce que nous vivons après le décès de notre bébé. La vie familiale est très difficile car souvent pleine de tension. Finalement, la souffrance est très violente surtout au départ. Je ne peux que te redire que c'est aussi des moments douloureux comme cela, chacune selon son histoire, que nous avons vécu après le décés de nos bébés.
Laisse sortir ton chagrin ta révolte et n'hésite pas à venir décharger ces sentiments ici sur le forum..
Nous sommes là pour te soutenir et t'accompagner sur ce chemin difficile, tortueux mais qui finit avec le temps par s'aplanir.
De tout coeur avec toi dans cette tempête de souffrance , je t'embrasse
Bénédicte
« Dernière édition: 23 Octobre 2007 à 16:40:38 par Bénédicte » Journalisée

Maman de Mathilde, Alice, Eloïse, Bertille née le 12 avril  et décédée le 10 juillet 2004 (trisomie 18) et de Inès.
Lucy
Invité
« Répondre #11 le: 23 Octobre 2007 à 17:08:27 »

Bonjour Claire,
Que je te comprends. J'avais vraiment senti ces mêmes sentiments de vide, de dégoût, et d'échec.
Je ne voyais plus l'intérêt de la vie et pourtant j'ai la chance d'avoir une merveilleuse petite fille qui me forcais à me battre. J'avais l'impression aussi d'avoir échoué à tout. Dans la vie professionnelle et ma vie sociale en France (je suis anglaise). J'avais aussi le sentiment d'être une mauvaise maman. J'avais parfois l'impression que tout ce qui nous est arrivé était de ma faute alors qu'il n'y avait aucune raison logique. Je culpabilisé pour tout.
Je comprends que c'est encore plus compliqué avec ce manque de rhytme de vie, mais tu ne dois pas culpabilisé et surtout pas pour la mission humanitaire. Tout le monde peut comprendre que tu avais besoin d'acceuillir ton fils. Ils trouveront bien d'autres personnes pour la mission en Syrie, mais Thibault n'avait qu'une maman et qu'un papa. C'était vraiment la bonne choix pour lui.   
Il faut que tu te repetes que ce n'est pas toi qui en cause. (je sais que c'est facile à dire n'ayant pas suivi ce conseil moi-même!). Est-ce que vous êtes bien entourés par la famille / amis. C'est sur que cela fait beaucoup trop de choses à supporter. J'espère que vous trouverez des soutien qui sont "physiquement" présent en plus de ce forum.
Je suis vraiment de tout coeur avec toi.
Lucy
Journalisée
Lucy
Invité
« Répondre #12 le: 23 Octobre 2007 à 17:19:37 »

Re-bonjour Claire
Je vois que nous sommes en même temps sur le forum donc je ne résiste pas à te faire un petit coucou en direct. Comment vas tu?
 Kiss
Lucy
Journalisée
noisette
Hero Member
*****
Messages: 880



« Répondre #13 le: 23 Octobre 2007 à 17:55:30 »

Bonjour Lucy,

Désolé, j'ai pas vu ton message tout de suite... es-tu encore là ?

Claire
Journalisée

Claire, maman de Thibault (né le 6 octobre 2007 et décédé 1 heure après), et d'une petite Lucie, née le 28 septembre 2008
isabelle
Global Moderator
Hero Member
*****
Messages: 4211


« Répondre #14 le: 24 Octobre 2007 à 08:43:19 »

Bonjour Claire...

juste un petit mot ce matin pour t'apporter tout mon soutien dans ce grand passage à vide que tu traverses...

tant de turbulences en aussi peu de temps...
un grand vide dans ta vie si bousculée
une immense absence à porter au quotidien...

tout te semble un échec...et tu te regardes peut-être comme une mauvaise mère...

alors que ton coeur déborde d'amour ...mais aujourd'hui il est perdu dans ce chaos d'émotions et de douleur...

un jour le brouillard de cette tourmente se lèvera, je peux te l'assurer...
en attendant, nous sommes là avec toi

du fond du coeur
Isabelle
« Dernière édition: 25 Octobre 2007 à 09:16:50 par isabelle » Journalisée

Maman d'Aude, Edouard, Hugues, Laurent et Emmanuel, né et décédé le 18 février 2002 (trisomie 18 et hernie du diaphragme, décelés à 12 SA)
Pages: [1] 2 3 ... 10
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.15 | SMF © 2006-2009, Simple Machines XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !