Bonjour chère Gaelle
J'espère que tu continues à te sentir en paix, à te centrer sur l'instant présent, à câliner comme jamais ton petit Loeiz. Je t'ai envoyé un petit paquet hier, tu devrais l'avoir samedi si tout va bien !
Et pour répondre à ta question en MP, mon mari s'appelle Gaël

Tu m'interrogeais en mp sur la gestion des amis.
Pour leur visite, nous n'avions rien prémédité. Ce n'est que le 5eme jour, le lendemain du retour à la maison, et quand la confiance était revenue, et que nous nous sentions vraiment en sursis, et que nous avions eu le sentiment de déjà beaucoup profiter d'Adèle (toutes ces conditions là !), que nous les avons appelé pour qu'ils passent otus en même temps pour un petit goûter à la maison. Je ne voulais pas de défilé, alors grouper tout le monde a été plus simple et ne nous a pris que 2 petites heures.
Pour moi, la priorité c'était vraiment nous, les parents. Le temps d'Adèle, je le voulais pour nous, c'était nous qui en avions le plus besoin, et d'une certaine façon je suis sûre que pour elle aussi, c'était de nous dont elle avait le plus besoin.
Et en second mon fils ainé.
Et en troisième nos parents et frères et soeurs. ça faisait déjà beaucoup de monde.
Je crois qu'il faut expliquer ça aux amis et même aux parents, ils peuvent comprendre. Et il ne faut pas culpabiliser d'être très très égoiste pendant la vie de votre petit bébé, c'est votre enfant, et votre temps ensemble est si court !
Pour moi, la rencontre avec les amis n'est pas tant importante que la reconnaissance de notre enfant. Leur présence le jour de l'enterrement était tout aussi signifiante, nous avions mis une grande photo d'Adèle devant son petit cercueil pendant la célébration, ainsi ils la rencontraient d'une certaine façon. Et puis vous pourrez leur montrer des photos, le film, plus tard.
Autre point sur lequel tu m'interrogeais, la présence importante des soignants autour de vous, et là je rejoins ce qu'a dit Bénédicte =
la présence des soignants autour de vous, cela va vous rassurer médicalement, vous n'en serez que plus disponible pour votre bébé.
Car en même temps vous saurez très bien en faire abstraction pour vivre intensément avec votre petit Loeiz. Dans ces moments là tu sais, on oublie complètement sa pudeur, on est contre son enfant, on peut tout lui murmurer à l'oreille, on oublie le temps et tout ce qui nous entoure. La seule personne à laquelle on pense en tant que maman, c'est le papa, on essaye de lui faire de la place, ce n'est déjà pas si simple

. Mon mari n'osait pas me prendre Adèle des bras au début car il savait combien j'avais besoin d'elle, c'est moi qui lui ai à chaque fois mis notre bébé dans les bars, j'ai tenu à ce qu'il donne le premier biberon. Et au moment de son décès, je l'ai laissé un très long moment seul avec Adèle dans la chambre, je voulais qu'il puisse se lacher, lui dire sans retenue ce qu'il voulais lui dire. Je savais qu'il n'oserait pas tout dire devant moi, mon mari est très très pudique...
Et les soignants savent s'effacer dans ces moments là, une fois qu'ils ont fait les principaux soins, que ce soit lors de la naissance, dans la maternité ou lors de la fin de vie. Si à un moment vous les trouvez trop envahissants, dites leur tout simplement que vous avez besoin de plus d'intimité, n'ayez pas peur de les repousser doucement.
Je crois que c'est aussi quelque chose que vous pouvez aborder avec l'équipe dès maintenant et aussi pendant le travail, juste avant que Loeiz n'arrive.
Je t'embrasse bien fort, caresse pour moi ton petit Loeiz à travers ton bidou.
Françoise